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Journées francophones proche-orientales de psychopathologie de lenfant et ladolescent |
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Damas, 2-3 avril 2000. Organisées par lassociation européenne de psychopathologie de lenfant et ladolescent (AEPEA) et lassociation syrienne de psychiatrie, sous le haut patronage du Ministère de la Santé de la République Syrienne et de lAmbassade de France à Damas, ces journées ont été ouvertes par Pierre Ferrari et les personnages officiels. Cest dire toute limportance de ce premier congrès francophone en terre syrienne. En séance plénière, Pierre Ferrari brosse un tableau des modes de repérage des souffrances psychiques de lenfant et de ladolescent, sans réduire ceux-ci à la somme des symptômes quils présentent. Dans la vie mentale, la continuité entre le normal et le pathologique, et la continuité temporelle sont présentes. Les bases sur lesquelles sétablissent nos stratégies thérapeutiques doivent permettre de se représenter la vie psychique de lenfant, de sa famille, et déviter le morcellement des actes thérapeutiques. Samer Jashan, qui a eu le mérite de fonder lhôpital de jour pour enfants à Damas, pose la question des convergences et divergences des approches neurophysiologiques et psychopathologiques. Il relève la part du facteur culturel : ici 60 % des parents ne disent pas à lenfant quil va aller en institution psychiatrique, 80 % refusent la psychothérapie et demandent des médicaments. Dautre part, la souffrance psychique est surtout exprimée par le biais de plaintes somatiques. Un débat animé entre les participants de la table ronde : J. Manzano (Suisse), A. Lasa (Espagne), P. Ferrari et la salle à propos de lutilisation de la Ritaline chez lenfant hyperactif, a amené lassistance à sinquiéter de son usage incontrôlé, comme aux USA, sans chercher à comprendre lorigine de ce symptôme. A. Turz, pédiatre et épidémiologiste, a voulu montrer lintérêt de cette discipline pour planifier les programmes de santé mentale, avec ses espoirs et ses limites. Sont en cause la compétence des enquêteurs et les disparités des structures de soins dun pays à lautre. A. Khalaf (Syrie) évoque alors les adolescents à problème, leur violence, et note que par ailleurs le symptôme timidité chez ladolescent est ici occulté par la famille et valorisé socialement. Avec sa vivacité coutumière, Graziella Fava-Viziello (Italie) critique labondance des données épidémiologiques, qui les rend difficilement repérables dans le quotidien. Dans lexpérience italienne, les enfants vont tous à lécole normale, et les interventions seffectuent à plusieurs niveaux : enseignants, pédiatres, parents mais aussi femmes de service. Reste le problème de la formation de ceux qui nappartiennent pas au domaine de la santé mentale. On aboutit alors à un compromis entre ce dont les enfants ont besoin et ce quon peut proposer à ces familles qui les gardent, en dehors de toute psychiatrisation. Michel Botbol (Paris), psychiatre et psychanalyste, met en rapport la rareté des travaux épidémiologiques en France avec linfluence des modèles psychopathologiques qui concernent linter ou lintrasubjectif plutôt que le descriptif. Lépidémiologie descriptive, qui embrasse des catégories nosographiques larges et imprécises pour obtenir un grand nombre de sujets, encourt le risque détiqueter les troubles de lenfant, ce qui est impensable pour qui croit aux vertus du développement. Pas de causalité linéaire dans ce domaine : mieux vaut passer à une causalité probabiliste, qui permettrait de soumettre la psychopathologie au regard de lépidémiologie. Sur le thème pédiatrie et psychopathologie, Jean Badoual, pédiatre, souligne entre autres que dans les maladies chroniques, lenfant na pas la même perception du temps que ladulte, la souffrance prolongée entraîne découragement ou révolte, et la difficulté à élaborer un modèle interne pour faire face à la maladie. Dans la guérison de maladies graves, il ny a pas de retour à linnocence pour les parents, chez qui on remarque un vécu de flottement ou de vide (effets de la surprotection). Enfin laccent est mis sur les champs nouveaux à partager entre pédiatres et pédopsychiatres (périnatalité, adolescence, vigilance envers la souffrance des parents et des soignant Philippe Mazet (Paris) confirme limportance de cette collaboration par lexemple très intéressant des staffs de parentalité. Marcel Rufo (Marseille) fait état des points communs entre France et Syrie à propos des services durgence, lieux de rencontre des problèmes psychosociaux par le biais de troubles somatiques. Colette Chiland (Paris) conclut à propos de lécart des équipements entre les deux pays, en proposant de privilégier la formation du personnel sur le terrain, plutôt que le parachutage de tel ou tel spécialiste. Cest avec sa clarté habituelle que Roger Misès (Paris) a abordé le sujet psychopathologie et système de soins. Après avoir tracé lhistorique de lévolution des concepts psychopathologiques des troubles de lenfant, il décrit dans les dernières décénnies la mise en valeur des pathologies limites, exemples cliniques à lappui. Depuis la politique de secteur, on a vu se resserrer les liens entre pédiatres, pédopsychiatres et autres intervenants. Linnovation des systèmes de soins sarticule selon deux paramètres : les propositions théoricocliniques à orientation psychodynamique et le développement des soins ambulatoires dans les réseaux communautaires. Il ne faut exclure aucun moyen utilisable : ainsi la confrontation avec les cognitivistes pourrait être constructive. Alain Braconnier (Paris) pose alors la question à R. Misès sur la diversité des structures par lesquelles un patient peut passer. On tombe daccord sur lintérêt dassurer la continuité de laction thérapeutique à travers des supports institutionnels différents, tout en sachant passer la main. P. Chiniara (Hôpital Avicenne, Damas) indique quen Syrie, les institutions privées sont souvent subventionnées par des ordres religieux et que la question de la formation du personnel se pose là de façon aiguë. Patrice Dubus, pédopsychiatre à la fondation Vallée, organisateur des journées, remarque quà travailler ensemble, les soignants peuvent déjà trouver en eux-mêmes des capacités créatrices de formation réciproque. Cest dans le même sens quintervient Colette Destombes (Lille), avec lexpérience dans sa région, de lectures de contes dans les familles denfants en échec scolaire. Enfin, Pierre Bailly-Salin (Paris), psychiatre expert à lOMS, met laccent sur un des intérêts de ces journées : les corps professionnels vont maintenant pouvoir définir un projet en termes compréhensibles pour les décideurs politiques. Tous ceux qui ont eu le privilège de participer à ces journées ont été extrêmement sensibles à la chaleur de laccueil des collègues syriens, à leur désir de connaître et déchanger avec nous. Sans parler des merveilles artistiques et historiques que recèle la Syrie Béatrice Igert
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