Page d'accueilCarnet Psy ?Nombreux ouvrages à découvrirLa mémoire de Carnet PsyLes deniers numéros de Carnet/PSYForums et ChatsUn livre, un auteurToutes les manifestations sur la Santé mentaleLa galerie de Carnet PsyDécouvrez de nouveaux sites sur la santé mentaleLe choix de Carnet PsyAbonnement, publicité, offres spéciales,...
AideÉcrivez-nous !Moteur de recherche et plan du site

Les premiers entretiens des psychologues

Les psychologues ont été, cette année, présents, pour la première fois, aux Entretiens de Bichat. Ce lundi 26 septembre 1994, plus de 350 personnes ont inauguré cette première Journée des Psychologues. Quelques 20 communications purent être faites sous la présidence éclairée de Madame Claude Revault d’Allonnes. Journée « par les psychologues et pour les psychologues » qui avait pour thème : « Les psychologues en institution : quelles pratiques aujourd’hui ? »

En tant que psychologue moi-même et membre du comité d’organisation, je pense que, silencieux par vocation, nous avons parfois érigé le silence sur ce que nous faisons, en mode de communication. Mais surtout nous laissons régulièrement les autres parler à notre place et en notre nom. Reflets de notre diversité, nos différences et notre éparpillement nous isolent quelquefois. Le fait - tout neuf encore de cette année - que les psychologues existent nominativement à Bichat, reflète par une présence et un regroupement cette hétérogénéité constructive de la profession. Même si nous savons depuis Anzieu que cette tentation de «l’illusion groupale» est souvent une compensation à la désillusion institutionnelle...

Et si la réalité conserve encore quelques principes, force est de reconnaître que psychologue «tout court» ça n’existe pas!... On est psychologue «clinicien», (clinicienne), psychologue « psychothérapeute », psychologue «psychanalyste» etc. Un peu comme si on disait psychologue, ascendant quoi ? Parce que si ces entités professionnelles existent et prennent sens, avant tout aux yeux des psychologues eux-mêmes, il est parfois plus simple pour beaucoup d’autres, de désigner la profession sous le vocable de «psy». On fait l’erreur de regrouper sous une unique appellation la diversité de nos formations. Comment ne pas s’étonner alors que notre fonction conserve un caractère énigmatique pour l’ensemble de nos partenaires ? Alors que certains d’entre nous continuent quelquefois de se réclamer en institution, de positions conjointes (et alternatives de psychologue-psychanalyste-psychothérapeute...) sans distinction.

Des Entretiens des Médecins aux Entretiens des Sages-Femmes, en passant par la psychomotricité ou l’orthophonie, la psychologie occupe une position transversale. Elle côtoie chacun de ces secteurs et ne s’en réclame, exclusivement, d’aucun. Partout, et nulle part, l’identité psychologique reste quelquefois difficile à cerner. L’intérêt majeur de cette présence pour la première fois à Bichat, fut que la psychologie puisse affirmer sa spécificité à part entière. Les psychologues ont à se reconnaître eux-mêmes comme les acteurs d’une discipline spécialisée à part entière dans l’exercice et la définition même de ce qui est aussi un « métier ».

Là comme ailleurs, au-delà d’une question identitaire, il y a urgence d’un débat sur les méthodologies, et nécessité de redéfinir le champ de compétence propre aux professionnels de la psychologie. À la question du cadre de nos interventions, et de celui de l’exercice de notre profession, être psychologue, c’est justement offrir un cadre spécifique. Être psychologue, c’est en soi un cadre.

Cette première journée a été, nous l’espérons, l’occasion d’une rencontre effective, sis au cœur de cette 48e session des Entretiens de Bichat et dors et déjà rendez-vous est pris pour le lundi 25 septembre 1995.

Jean-Philippe Legros

 

 

 

 

 

© Carnet Psy. Tous droits réservés.