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Que dire à un enfant qui s'inquiète de ses origines ?
La XXIIIe Journée Scientifique du Centre de Guidance infantile de l'Institut de Puériculture de Paris s'est tenue, à la Maison de la Chimie, le 25 mars 1995.
Cette journée, organisée par le Professeur M. Soulé et ses collaborateurs, a fait salle comble ce qui montre que son thème a rencontré de nombreux échos parmi les professionnels de l'enfance en cette fin de siècle qui est aussi une fin de millénaire.
Il faut rappeler, d'ailleurs, que nous fêtions, cette année, un double centenaire : celui des Etudes sur l'Hystérie ( S. Freud) qui marquèrent en quelque sorte la naissance de la psychanalyse, et celui de la découverte des Rayons X par Roentgen, ces deux événements témoignant à leur manière de la préoccupation de la fin du siècle dernier pour le dedans de l'objet, qu'il s'agisse du dedans du corps ou du dedans du psychisme.
La fin de siècle actuelle se trouve donc concernée par le même mouvement qui renvoie à notre indéfinie quête des origines dont cette XXIIIe journée scientifique aura été l'un des multiples jalons.
Il est difficile de résumer la teneur de l'ensemble des communications qui ont été présentées étant donné la richesse, l'importance et la diversité de leurs contenus. On citera cependant, par "ordre d'entrée en scène" :
- Un texte de J-C. Racamier qui a été lu par M. Soulé en raison de la malencontreuse absence de son auteur. Ce texte, à la fois fort et esthétique, nous a semblé chercher à nouer de manière étroite la problématique des origines à celle des identifications dans la perspective de l'ouvrage que J-C. Racamier a consacré au "génie des origines".
- F. Forestier nous a donné un panorama époustouflant des hypothèses actuelles sur la naissance de la vie et de l'incroyable trajet qui mène miraculeusement des archéo-bactéries à l'Homo Sapiens.
- D. Houzel a présenté ses conceptions très profondes sur la naissance de la vie psychique, conceptions articulées autour du concept mathématique de "Brisure de symétrie".
- C. Chiland s'est centrée quant à elle sur l'origine du sexe et ce, d'un triple point de vue biologique, mythologique et psychanalytique.
Telles sont les communications qui se sont attachées, nous semble-t-il, aux sujets les plus cruciaux du point de vue existentiel.
Parmi les autres interventions, également fort stimulantes, il faut rappeler celle de M. Rufo sur l'origine de la tolérance, celle de J.Noel sur l'éthique nécessaire face aux enfants adoptés en quête de leur origine (tout dire peut être dramatique), celle de J-C. Arfouilloux sur les origines et la dynamique du processus thérapeutique.
La journée s'est achevée sur une communication de R. Puyelo quant aux avatars possibles, chez l'enfant, du désir de devenir grand et sur une évocation des origines de l'amour dans ses rapports avec l'amour des origines par B. Golse.
Penser aux origines (et peut-être tout simplement penser) relève évidemment d'un mouvement sans fin mais il nous semble que cette journée enrichie, comme d'habitude, des réflexions originales de M. Soulé, aura contribué à une réflexion féconde sur divers plans, clinique, théorique et culturel, en un large éventail que chacun, certainement, aura su apprécier.
Autrement dit, que les commencements n'aient pas de début et que les achèvements n'aient pas de fin, ne signifie en rien que la question des origines de l'identité et des destinées soit une histoire sans queue ni tête.
Professeur Bernard Golse
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