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Lintérêt pour létude de la psychopathologie du bébé à travers létude de ses interactions avec ceux qui lui donnent des soins na cessé de croître : les modalités de son attachement à ces derniers, sont volontiers considérées aux États-Unis comme programmées, mais elles ont conduit plus dun clinicien-chercheur français à y voir les effets de larbre de vie de lenfant : son affiliation sociale et culturelle ne semble possible que si son mandat transgénérationnel lui laisse une liberté suffisante dans lorganisation de sa névrose infantile.
Mais en même temps il apparaît que lactivité mentale remarquablement précoce du bébé lui donne un rôle essentiel dans le processus de parentalisation dont les difficultés font aussi lobjet de travaux : parmi ces derniers, il faut compter avec ceux qui veulent définir une psychiatrie ftale. Ainsi voit-on peu à peu se déployer la psychiatrie périnatale : elle implique avec les psychiatres denfants ceux de ladulte qui doivent collaborer au diagnostic et au traitement des troubles mentaux des parents, et singulièrement des dépressions maternelles qui atteignent plus de 10% des accouchées après le premier mois de vie de leur enfant.
Cest en Angleterre et en Écosse que lintérêt sest manifesté le plus vivement pour une action préventive et institutionnelle dans de tels cas. Léchelle dEdimbourgh, traduite en français par Nicole Guedeney, est un auto-questionnaire simple qui est rempli par les mères en quelques minutes. Elle permettrait de savoir quels sont les cas où la menace de dépression doit être prise en considération Les travaux de ces cliniciens et chercheurs outre-Manche sont diffusés au sein de la société Macé. Celle-ci va se réunir pour la deuxième fois à Paris sous le patronage de Daniel Widlöcher et à linitiative de Antoine et Nicole Guedeney en novembre 1995 et en présence de John Cox.
Mais déjà à Avignon en mai le Dr. Dugnat avait organisé avec le Pr Kumar une journée sur les dépressions post-puerpérales et leur traitement en hospitalisation simultanée mère-bébé, telle quelle est mise en uvre dans plusieurs services en France.
À ce colloque participèrent plusieurs accoucheurs qui montrèrent de remarquables capacités à exercer une action préventive : déjà les travaux de lécole de Montpellier avaient témoigné de la nécessité dune étroite collaboration avec les échographistes et les obstétriciens, surtout lorsquune malformation est à prévoir.
Ce tableau de la naissance en 1995 de la psychiatrie périnatale dans les pays francophones se complétera par lévocation de létude des états dépressifs du groupe de recherches francophones, affilié à la WAIMH sous la présidence de Bernard Golse et en collaboration avec le Pr Kumar et surtout du congrès genevois qui, organisé par les Prs. Cramer et Manzano, rassembla plus de 1200 participants : en séances pleinières, on y apprécia les exposés de B. Cramer, B. Golse, D. Stern , H. Papousek, D. Burgin. Manzano annonça ses découvertes sur la dépression prépuerpérale qui, dans un tiers des cas, pourrait annoncer celle qui suit laccouchement. Les participants bénéficièrent dailleurs dateliers où ils purent discuter avec ces conférenciers (jétais lun dentre eux).
En 1996, lessor de cette psychiatrie nouvelle va se poursuivre : Ph. Mazet organise à Monaco les 18-19 et 20 janvier un colloque international où lensemble des problèmes qui sorganisent depuis la conception naturelle ou assistée médicalement jusquà la fin de la première année de la vie, seront étudiés sur le plan diagnostique, préventif, prédictif et thérapeutique par les plus grands spécialistes reconnus. 12 ateliers permettront des présentations individuelles.
Plus tard, Daniel Marcelli compte organiser à son tour un congrès sur la dépression puerpérale à Poitiers.
Nul doute que ces contributions auront leur retentissement au congrès mondial de la WAIMH à Tempere (Finlande) du 25 au 28 Juillet 1996 : la collaboration au sein des spécialités qui définissent la psychiatrie périnatale doit contribuer à la santé mentale de lenfant et de sa famille.
Pr Serge Lebovici
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