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11-13 décembre 1995, La Louvière, Belgique.
Ce Colloque organisé par le centre périnatal et le service de pédopsychiatrie de l'Hôpital Universitaire de Tivoli à l'initiative du Dr Frankard a réuni, pendant trois jours, des spécialistes aussi célèbres que T. Brazelton, Ph. Mazet, D. Stern.
Lors de la première matinée, une architecte italienne, Madame Lepari, a exposé ses idées sur la façon d'organiser l'hôpital afin qu'il ressemble le plus possible à une maison .
Puis des généticiens ont souligné l'importance de la prise en compte du deuil lors de la consultation génétique et de l'importance, dans ce cas d'un accompagnement psychologique, ce que le Docteur M. Rufo reprendra plus tard.
Il était troublant d'entendre des arguments qui semblaient contradictoires; d'une part que la médecine peut-être iatrogène car la naissance est un acte familial et naturel auquel doit s'adapter l'hôpital et d'autre part on constate une volonté de tout contôler, de ne rien laisser au hasard, on voit se développer une médicalisation de plus en plus poussée : accroissement du nombre de déclenchement de l'accouchement, de péridurales, qui font que la naissance perd sa place d'acte naturel et risque d'induire chez les femmes l'idée qu'elles ne sont plus capables de mettre au monde leur bébé elles-mêmes.
Comment ces deux aspects antagonistes pourraient-ils ne plus l'être ? La médecine pourra-t-elle un jour proposer aux parents et à leur nouveau-né tout à la fois sécurité, technologie de pointe et respect.
Il était surprenant de voir que certains médecins hyper-spécialisés découvraient des éléments depuis longtemps pointés par les psychologues. Peut-être ne se rendent-ils pas toujours compte que les progrès techniques engendrent des pathologies psychologiques, et que la volonté de maîtrise fait que l'échec et la différence ne sont plus tolérés ?
Que penser des "progrès" de la génétique qui permette, par exemple en Chine, de pratiquer l'avortement sélectif des bébés de sexe féminin ?
Les interventions de l'après-midi apportèrent certaines réponses à la question du pont entre science et affectivité, question à laquelle sont confrontés les néo-natologues , ainsi que A. Pardou l'a fait remarquer. Comment assurer les soins et la survie de ces nouveaux-nés trop précoces tout en tenant compte de la douleur et de la souffrance affective de leur parents ? Comment aider une femme psychologiquement fragile, voire gravement perturbée à devenir mère? E. Van Bogaert et A.Tasnier ont apporté leur témoignage en présentant leur travail dans une unité mère-bébé en psychiatrie.
Jai évoqué les capacités sensorielles et affectives du bébé in utero, soulignant, bien au-delà de ce que D. Stern l'avait fait, que le nourrisson de l'observation peut-être bien loin de celui de la clinique et de la théorie.
Madame Misplaere a parlé d'acte d'amour à propos de l'accouchement. L'exposé de Madame Hirsch qui parlait de la sexualité pendant la grossesse était très scientifique et intéressant. L'amour vu avec les yeux de la science !
J.-L. Cox a soulevé le problème du dépistage et de la prise en charge ainsi que des effets à long terme des dépréssions post-natales graves.
Un bilan de l'utilisation de l'échelle de Brazelton a été fait par T. Brazelton et K. Nugent.
D. Stern et N. Bruschweiler ont parlé des représentations maternelles pendant la grossesse. D. Stern en situe l'origine dans le passé de la mère et analyse leur fonctions et leur nature; il insiste sur le risque de donner une connotation pathologique à des représentations considérées comme négatives , l'ambivalence, par exemple. N. Bruschweiler a parlé de l'évolution de ces représentations au cours de la grossesse, de la place de l'enfant réel et de l'enfant imaginaire dans celles-ci, particulièrement au cours de grossesses difficiles, entrainant un retard de croisssance, un handicap, provoquant une prématurité.
Mr Relier a parlé des capacités sensorielles du bébé in utero ; il a également dit combien étaient importants les échanges psycho-sensorio-affectifs entre la mère et le bébé durant la grossesse.
J. Le Camus a insisté sur la place du père dans sa relation avec le bébé, centrant l'attention sur son rôle dans l'élaboration des compétences cognitives, les processus de différenciation du bébé et sa sexualisation psychique.
L'après-midi fut consacré aux situations pathologiques. Ph. Mazet a rapporté des observations sur les interactions précoces, la compréhension des premières relations parents-enfants, particulièrement dans les cas où l'enfant présente des difficultés.
B. Golse a abordé la dépréssion du bébé en situation de carence qualitative dans le cas où la mère est déprimée, par exemple et a indiqué des moyens de repérer cette carence et d'en évaluer les conséquences sur le développement du bébé. Monsieur Palacio- Espasa a décrit trois catégories de troubles de la parentalité (névrotiques, masochiques, narcissiques, chacune nécessitant un abord thérapeutique différent, en particulier, la durée de la prise en charge.
Madame Watilon a rendu compte d'une thérapie mère-bébé, à partir de l'hypothèse selon laquelle le bébé mettrait en en scène le conflit de l'interaction devant le thérapeute à qui revient le soin de le décoder et de l'interpréter.
A. Kahn a parlé avec une grande sensibilité du vécu de la mort subite du nourrisson pour ses parents et de l'accompagnement de l'ensemble de la famille, reprenant, tel un leit motiv, les mots "écoute" et "disponibilité inconditionnelle".
Je n'ai malheureusement pas assité à la troisème journée, ce qui m'a empêché d'entendre, en particulier, Madame Devriendt exposer sa méthode d'utilisation de l'échelle de Brazelton dans une perspective psychothérapeutique. Il me faudra donc, pour en prendre connaissance, lire les Actes lors de leur publication, lecture que je vous recommande.
Brigitte Dohmen
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