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Les 20 ans de l’Unité de soins upécialisés pour jeunes enfants

L'Unité de soins spécialisés pour jeunes enfants de la Fondation de Rothschild, Institution de l'Intersecteur Infanto-Juvénile du 13ème arrdt, a été créée en 1975 par le Dr Myriam David avec le soutien du Pr Lebovici.

Le 3 février 1996, nous avons organisé une journée de réflexion pour fêter ses 20 ans.

Au cours de ces 20 années, nous avons développé notre action sur la prévention par le soin précoce du nourrisson et porté notre attention au développement du processus de parentalité.

Outre les troubles fonctionnels du nourrisson, cette institution s'adresse plus particulièrement à des jeunes enfants de familles marquées d'un fort potentiel psychopathologie, plus connues des services sociaux et pédiatriques, éventuellement des services de psychiatrie d'adultes, que des services de pédopsychiatrie.

Ainsi, nous avons dégagé deux grands modes de travail : direct et indirect.

Travail direct

Le soin "direct" de l'enfant nécessite la mise en place d'un cadre. Les consultations parents-enfants, les traitements individuels ou de groupe pour l'enfant, sont les cadres de référence les plus classiquement connus.

Une forme particulière de soins directs à l'enfant, qui s'est organisée au sein de notre équipe, s'appuie sur l'observation de bébés : c'est l'observation du bébé dans sa famille mais, plus souvent avec les familles qui nous préoccupent, chez une nourrice ou à la crèche.

Nous avons en effet pu constater comment un bébé pouvait transférer et répéter, avec un substitut parental (auxiliaire ou nourrice), le mode relationnel qui s'est instauré et fixé très précocement avec sa mère. La reprise, dans un second temps, de cette observation, aide l'auxiliaire ou la nourrice à repérer et à penser cette modalité relationnelle particulière afin d'éviter d'y répondre à l'identique. Ce travail s'inscrit alors dans le projet thérapeutique.

Entre l'agir et le penser, les soins infirmiers, au travers de l'accompagnement de l'enfant et de sa famille, permettent que soient vécues, dans la réalité de ces moments de transition, des expériences en commun, sources d'élaboration secondaire (ceci s'adresse bien sûr à des personnes non névrotiques).

Travail indirect

Nous avons très vite constaté la nécessité du travail de partenariat avec les autres équipes, médicales, sociales de la petite enfance, et également du travail conjoint avec les équipes de psychiatrie adulte dans le cadre, par exemple, du soin d'une mère psychotique et de son enfant.

Ce travail "indirect" en commun avec les équipes sociales et médicales de la Petite Enfance permet de dégager les professionnels de l'impact émotionnel dû à des histoires familiales bien souvent surchargées d'événements traumatiques multiples : deuil, séparation précoces et répétées, maladie... ceci permet de nous recentrer alors sur l'enfant réel "qui inaugure une nouvelle histoire", sur ses compétences, son impact sur l'environnement maternel, familial et social et sur la dynamique de ses intégrations. Il s'agit également de reconnaître les capacités maternelles et leurs limites, et d'évaluer leur possible évolutivité. Tout en préservant autant que faire se peut la parentalité, nous pouvons aussi permettre au nourrisson de bénéficier parfois précocement de soins substitutifs partiels ou totaux (concept de parentalité partielle). Nous pouvons alors ainsi préciser notre stratégie de soins.

Beaucoup de questions restent posées, en particulier : quelles sont les capacités de liaison de l'excitation chez ces enfant malmenés dans leur réalité et par la force des projections des fantasmes maternels? Qu'en est-il de la mémoire du bébé de ces événements précoce ?

Françoise Jardin

 

 

 

 

 

 

 

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