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Lorquin 1996 : les vingt ans d'un Festival... majeur ! |
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10 au 14 Juin : rendez-vous désormais rituel d'un millier de « psynéphiles ». Effervescence dans les salles. Bourdonnement continu des projecteurs : 230 films défilent sur les écrans. La Clé Géante, dressée au milieu du CHS symbolise la vitalité du Festival. Mais aussi, la consécration du Centre National de Documentation Audiovisuelle et de ses 3000 documents. En vingt ans, d'une poignée de spectateurs rassemblés autour de quelques films dans une « salle de cinéma d'asile », Lorquin est devenu une manifestation internationale. Mais alors et le pessimisme ? et les contraintes budgétaires ? et la pensée unique ? et le vague à l'âme...? Terrassés par un pari. Un pari sur l'image comme outil de Formation, comme moyen scientifique et pédagogique; mais aussi comme outil de lutte...contre la mauvaise image de la « Psy ». L'image au secours de l'image ? Drôle de pari ! Désormais, on trouve au Festival des documentaires et des reportages télévisés. La télévision demande des documents à Lorquin. L'enjeu, c'est tout simplement la lutte contre l'exclusion par la folie, la reconnaissance du travail « Psy », mais aussi la qualité des messages véhiculés par les Médias. Le festival attire surtout les institutionnels de la « Psy » mais également des réalisateurs et des professionnels de l'image et des « non-Psy ». Le cru 1996 fut international. Des films cubains, grecs, martiniquais, canadiens, tunisiens... De Cuba, nous connaissions le reportage télévisé Mourir pour vivre diffusé sur M6 (Zone interdite) et projeté pendant le Festival ; reportage très critiqué par la délégation cubaine (quatre psychiatres et le directeur de l'hôpital de La Havane), avec qui nous avons découvert « d'autres » images de Cuba : des images anciennes (1960), d'autres plus récentes (1990). Difficile de se faire une idée exacte de la réalité. Ce qui est sûr, c'est que les psychiatres cubains comptent sur les psychiatres français pour les aider à se sortir de leur isolement... Les Martiniquais ont apporté La Peau Déchirée, un film sur le travail avec les enfants autistes et psychotiques (enveloppements thérapeutiques). Un axe de recherche interculturel. Clé d'Or pour la Suisse Romande avec Schwester Karin (une infirmière s'interroge sur son travail avec les personnes âgées). Les Canadiens se voient attribuer une clé d'argent pour Gugging : une maison d'artistes dans un centre psychiatrique. Et :
Le clin d'oeil du jury pour un autre film français Les champs d'amour, une fiction pseudo (?) futuriste : le diable descend sur terre pour proscrire le pêché de chair.. Enfin la mention « attention danger » pour la pilule d'obéissance, la fameuse Ritaline (reportage télévisé). On a pu noter une augmentation du nombre de films sur l'exclusion, les sans abri, le Sida, la prostitution, la pédophilie. Toujours beaucoup de films sur l'autisme. Et de nouveaux films-entretiens, outils pédagogiques par excellence. À Lorquin, on est au beau milieu d'un carrefour : carrefour d'images, d'idées, de passionnés. Pied de nez à la toute puissante morosité ! Mais que sera le Lorquin de l'an 2000 ? Certains sont un peu nostalgiques du côté « Woodstock » du Lorquin des premières années. Ils craignent également que les « films entretiens » ne tuent la « petite vidéo » ou la fiction. La question est ouverte mais les enjeux sont de taille : formation continue des équipes, échanges avec les partenaires autour de thèmes souvent polémiques, sensibilisation des Médias. Le Festival risque-t-il de se faire piéger par les incontournables impératifs de cette fin de siècle ? ou bien pourra-t-il continuer outre-Mer, comme ce vingtième anniversaire nous encourage à le penser?Quand bien même des contraintes budgétaires en viendraient à éroder la fréquentation du Festival (hypothèse tragique mais envisageable), ne peut-on imaginer une augmentation et une diversification des activités du CNAV ? Une de ses vocations actuelles est de soutenir la recherche dans le domaine de l'image « Psy » : les étudiants, les conférenciers, les chercheurs, les curieux peuvent fouiller les 2500 bandes vidéo et les 600 films, on y trouve de tout : séances d'hypnose du Dr Neveu, jumelles suivies pendant vingt ans, reportage du coiffeur d'un hôpital psychiatrique. Mais aussi les 500 films psy du fonds Eric Duvivier, le fonds Ellenberger-Roudinesco, les fims de Gesell (1935 : le bébé devant le miroir...). Mais le CNAV a bien d'autres projets : diffuser la formation vidéo ; ouvrir un siège parisien ; s'exporter : Bruxelles, Prague, Tunis, Athenes, Burkina Fasso ; Ussel ; investir Internet,... Pour rester le même, il faut changer, dit-on. Peut-être est-ce à ce prix que l'image, ainsi apprivoisée sera au service de l'intelligence collective plutôt que de la bêtise médiatique : c'est peut-être cela l'avenir de l'utopie Lorquinienne ? Anne-Marie Vaillant
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