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Colloque organisé par Société de Thérapie Familiale dÎle de France, 30-31 janvier 1999, Paris.
Le colloque organisé par la Société de Thérapie famililae dIle de France à propos de la maison familiale, mémoire des liens a fait flores. Les promoteurs de ce concept plénastique ont à cette occasion ouvert un vaste chantier de réflexion. Des professionnels de tous bords, en compagnie des revenants, sont venus en nombre palper lor et le plomb familial pour explorer ce concept qui jusqualors na pas fait lobjet dune théorisation approfondie.
les thérapeutes familiaux ont la réputation dêtre principalement fascinés par détranges histoires transgénérationnelles quils dénichent en explorant les placards, les caves et les greniers. Cependant les séances sont parfois envahies par des récits mornes et plaintifs, vindicatifs ou revendicatifs mais très répétitifs à propos de la maison, de son espace, de ses murs et de ses objets. Les thérapeutes se surprennent de temps à autre à imaginer une maison idéale qui contienne les angoisses de démenbrement et les manifestations de violence, une maison qui fasse rêver et nengendre que des névroses !
Au cours de ce colloque, les divers spécialistes de la famille (psychanalystes, historiens, ethnologues, architectes, directrice de foyer...) ont pu à loisir échanger, associer librement sans craindre de contredire une pensée établie. Quel bonheur pour les architectes, dimaginer et de dessiner un espace familial, quand lhabitat interne des commanditaires est suffisamment consolidé. Quel trouble, quelle perplexité chez les thérapeutes familiaux du XXème siècle à lécoute de lethnologue rappelant que linvention des lits collectifs date du 12ème et que cest léglise qui, au 14 ou 15è siècle, sest intéressée aux lits et en a moralisé laccès !
Lhabitat contemporain, métaphore de la matrice maternelle se doit dêtre contenant, il est par excellence le lieu de projection ; non seulement du monde interne subjectif, mais aussi de ses représentations les plus archaïques. Cest là, que limage corporelle se heurte à la dimension groupale, que se conjugue la représentation de la psyché individuelle et familiale, que naissent et salimentent les conflits entre lintimité individuelle et lintimité familiale. La clinique familiale permet de rentrer dans des maisons habitées contre nature, quand les morts hantent aussi les murs et les objets. Les objets ont occupé une place de choix au cours de ce colloque. Ils se sont révélés tous très précieux, car mis en valeur ou tenus à lécart, ils supportent nos projections symbolisées ou non, même et surtout muets ils figurent cette part de non humain dans lhumain. Véritables prolongements du corps psychique ils font aussi lien entre les générations qui permettent aux familles de tenir ensemble.
La maison nest pas quun lieu de projection, cest aussi lespace où se structurent la psyché individuelle, familiale et groupale. Les participants ont mesuré lintérêt de penser lhabitat dun point de vue théorique pour une meilleure compréhension de la famille fonctionnelle et dysfonctionnelle. La maison pour certains est une annexe de lhabitat interne, pour dautres elle représente un impossible, en particulier pour les occupants despaces collectifs. La perte où linaccessibilité engendre des frustrations, des souffrances qui figent la faculté de penser, de fantasmer et de rêver.
Après ce colloque, les participants engagés dans lécoute du psychisme familial, sautoriseront peut-être à analyser les murs et à faire parler les objets quils soient, bruyants ou muets, exposés ou relegués mais nécessaires aux processus de fantasmatisation, de symbolisation et de transmission. Les thérapeutes familiaux se surprendront peut-être en train dimaginer quun jour le béton omniprésent, fera place au piano queue... Ou que bientôt chacun entendra, malgré le brouhaha familial, le frémissement des feuilles de son jardin secret !
Car lhabitat familial reste lendroit idéal pour que sallume et sétaye la pulsion.
Maryvonne Barraband
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