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Philippe Mazet, Maltraitance clinique à légard des enfants. Quelques regards cliniques |
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Article suivant : Évolution historique de la reconnaissance des abus sexuels des enfants Article précédent : Présentation De lenfant battu, première forme de maltraitance identifiée par les médecins au milieu de ce siècle, à lenfant abusé sexuellement reconnu au cours de cette décennie, le regard se porte aujourdhui sur la maltraitance psychologique faite aux enfants. I.Remarquons dabord en référence à notre pratique que la maltraitance psychologique est associée aux autres formes de mauvais traitements; elle en fait partie intégrante. On peut même souligner, comme lont noté Vissing et al. (1991), leffet prédominant et particulièrement destructeur de la violence psychologique par rapport à la violence physique dans la très grande majorité des situations de maltraitance et le fait que les conséquences négatives reliées à la violence physique sont en grande partie imputables à ce que cette dernière saccompagne généralement de violences psychologiques, notamment dagressions verbales et de paroles rejetantes, humilantes et dévalorisantes. Il en est évidemment de même dans les situations dabus sexuels extra-familiaux (par exemple en cas de pédophilie) ou intra-familiaux (en cas dinceste) où lenfant est mis dans une position où est déniée sa subjectivité, où ne sont pas reconnus ses besoins psychologiques et sa sexualité denfant et où il est confronté à une intrusion traumatique inqualifiable dont il va peu à peu, dans laprès-coup, percevoir ce quelle représente. II.Mais il est des situations où la maltraitance psychologique apparaît au premier plan du tableau clinique et isolée, au-delà des symptômes de lenfant et des plaintes des parents et de lentourage. Cest avec lobjectif de faire le point sur cette question qua eu lieu récemment un colloque organisé par le Département de Psychopathologie Clinique, Biologique et Sociale de lenfant et de la famille à Bobigny, à lUniversité Paris-Nord. Cest évidemment dans un esprit multidisciplinaire qua été exploré le domaine de la maltraitance psychique à légard des enfants, en faisant travailler et réfléchir ensemble pédiatres et membres des équipes psychiatriques, psychiatres denfants et dadolescents, psychologues et psychanalystes, travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés, médecins de santé publique et enfin magistrats, en sefforçant de sappuyer au maximum sur la pratique professionnelle de chacun. Louvrage qui rassemble les textes des intervenants, retravaillés en vue de la publication, sefforce donc daborder ce champ encore insuffisamment défriché et qui donne lieu à beaucoup de questions et de débats tant sur le plan pratique que théorique. Il tente de le délimiter et de lapprofondir avec un objectif central, celui dessayer de nous aider dans notre pratique professionnelle. Tentons donc dapporter quelques éléments de réflexion à partir de notre pratique de psychiatre denfants et dadolescents. Celle-ci se situe au sein dun service de consultations, de suivis et de traitements externes où nous sommes confrontés fréquemment à des situations, fort diverses, de maltraitance à légard denfants et dadolescents. a.Ces situations recouvrent, au moins pour une part, les six formes de maltraitance psychologique isolées par lAmerican Professionnal Society on the Abuse of Children (APSAC, 1995), comme le notent P. Durning et A. Fortin :
b.À partir de plusieurs observations cliniques, il nous a semblé possible, non sans quelque risque réducteur et simplificateur compte tenu de la diversité des situations, de décrire dans une perspective clinique un syndrome de maltraitance psychique. Ce syndrome est présenté ici de manière très résumée :
Il ne nous est guère possible ici dans ce cadre dapporter des précisions sur les six points que nous avons essayé de mettre en évidence. Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur la dimension intergénérationnelle très habituellement rencontrée en pratique clinique et caractérisé par les importants troubles relationnels entre ces parents maltraitants et leurs propres parents. Terminons par le fait de souligner la très grande difficulté de travail thérapeutique avec la famille, voire limpossibilité dune alliance thérapeutique avec les parents, par un tiers médiatisant la relation entre parents et enfant. Il va de soi quil faut être extrêmement attentif à nos contre-attitudes et notre contre-transfert dans ce type de situation pour atteindre le double objectif qui est le nôtre, au-delà de la nécessité dintervenir, celui de soigner lenfant mais aussi ses partenaires mais aussi de protéger lenfant. Pr Philippe Mazet, chef de service de psychopathologie de lenfant et de ladolescent à l'hôpital Avicenne, Bobigny. Article suivant : Évolution historique de la reconnaissance des abus sexuels des enfants Article précédent : Présentation
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