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1. Pourquoi un réseau en santé mentale ?

Article suivant : 2. Sous quelles conditions la santé mentale peut-elle s’organiser sous la forme d’un “réseau de soins” ?

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La demande en santé mentale se caractérise, depuis plusieurs années, à la fois par son augmentation et la multiplicité des champs dans lesquelles elle s’exprime. Face à cette évolution, on constate dans les Yvelines Sud comme dans beaucoup de régions de France, malgré la diversité des acteurs concernés, une saturation de l’offre de soins.

La question de la capacité du système de santé à mieux répondre à la demande actuelle et surtout à anticiper son augmentation doit être posée en termes de moyens, bien sûr, mais aussi en termes d’organisation des soins et d’optimisation de l’ensemble des ressources existantes. Trop longtemps en effet, un manque de coopération réelle entre l’ensemble des acteurs du système de soins a laissé se mettre en place des dysfonctionnements rendus aujourd’hui plus apparents du fait de la saturation de l’offre de soins.

L’expérience initiée dans les Yvelines Sud est née d’une double conviction :

  • le cloisonnement entre les partenaires impliqués dans la prise en charge de la Santé Mentale nuit à l’efficience du système et à la qualité de l’offre de soins ;
  • les arguments avancés par les professionnels en santé mentale pour légitimer leurs besoins ne sont pas suffisants pour convaincre les décideurs. Une plus grande lisibilité du système, une meilleure collaboration entre les partenaires, et une évaluation rigoureuse des demandes en matière de santé mentale et de l’offre actuellement proposée, doivent permettre d’y répondre mieux.

L’offre en santé mentale se caractérise par sa diversité, qui est à la fois une diversité des pratiques, des formations et des statuts des intervenants. Cet élément, qui pourrait être un véritable atout dans le cadre de collaborations bien comprises, s’est traduit par une certaine concurrence et un manque de collaboration et de transparence du système de soins pour les patients comme pour les acteurs eux – mêmes.
Jusqu’à une date récente, la juxtaposition des lieux de soins en santé mentale était légitimée par deux idées : celle que les différents lieux de soins correspondaient à la prise en charge de patients distincts, et celle qu’il existait des “écoles” diverses et exclusives en psychiatrie, ce qui expliquait qu’un même patient puisse bénéficier de soins d’orientations différentes liées à la spécificité du professionnel plutôt qu’à la problématique qu’il rencontre.

Or, à l’idée que des patients différents s’adressent à des lieux de soins différents peut s’opposer l’idée que l’ensemble des acteurs de santé voient les mêmes malades mais à des temps différents de leur maladie.

De même, à l’idée que certaines pratiques pourraient s’ériger comme seule réponse légitime face à un patient présentant des troubles psychiques peut s’opposer l’idée selon laquelle à un patient donné et à un moment donné de son évolution correspond une modalité de réponse, parmi l’ensemble des “outils” à la disposition des cliniciens. Une telle perspective positionne la diversité des approches professionnelles et des compétences des acteurs de santé comme une richesse, non au sens où elles sont concurrentielles face à une situation clinique donnée, mais parce qu’elle permet de trouver la réponse la mieux adaptée à chaque demande.

L’expression “mettre le malade au centre des soins”, évidence clinique pour tout praticien qui ne mériterait pas, en tant qu’évidence, d’être rappelée, peut prendre tout son sens si l’on considère qu’elle signifie que le patient doit guider le choix de la réponse, celle – ci n’étant plus “systématique” en fonction de la pratique spécifique du praticien consulté mais adaptée à lui.

C’est dans cette nécessaire complémentarité que s’est inscrit le projet de l’expérience pilote d’organisation des soins en santé mentale qui a été initié dans les Yvelines Sud.

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