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André Sirota, Didier Anzieu et le groupe

Didier Anzieu fait partie des quelques personnes qui ont introduit les méthodes de groupe en France, qu’on pense à la formation ou à la thérapie, au groupe de “diagnostic” ou d’évolution personnelle, au psychodrame psychanalytique de groupe, à la dynamique des relations petit groupe et grand groupe ou un peu plus tard à la psychothérapie familiale psychanalytique. Il est le père de l’école française de psychanalyse groupale. Son rayonnement et celui de ses écrits sur le groupe ont bien entendu dépassé les frontières de l’hexagone et de l’Europe.

Sa démarche pour explorer le groupe a été d’emblée groupale. Ses écrits sur le groupe ont été discutés parmi ses plus proches collègues au sein du CEFFRAP dont il est le fondateur. Il a fondé la Société Française de Psychothérapie de Groupe qui n’a pas osé d’emblée s’appeler Société Française de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe. La psychanalyse, ou plutôt les psychanalystes entretiennent des rapports complexes et ambivalents avec le groupe. C’est à l’Université Paris X Nanterre, où il a fondé le département de Psychologie en 1964, puis l’UFR des Sciences Psychologiques et des Sciences de l’Education, qu’il a introduit des méthodes de groupe dans la formation des étudiants.

Pendant les années où Anzieu a été créateur de pensées et d’associations, et a stimulé beaucoup de monde, pour promouvoir l’action et la recherche dans ce domaine, il a toujours considéré le groupe comme un champ d’application de la psychanalyse, un lieu de mise à l’épreuve des théories psychanalytiques.

Un numéro qui vient de paraître de la Revue Française de Psychanalyse, est consacré aux groupes. Il débute sur un dialogue très évocateur entre Didier Anzieu et Eugène Enriquez. Il restitue une part de cette histoire récente et de ses questionnements, dont l’un de ses fils est celui des rapports co-constitutifs ou de la rupture entre groupalité psychique et groupalité sociale… On peut souhaiter que le groupe, indispensable à la structuration de la psyché, système et espace intermédiaires entre l’individu et la société notamment, cadre familial, professionnel, social, ou culturel, redevienne un objet et un champ d’intérêts pour une recherche non-dissociée de l’action et pour la formation des étudiants, à moins que chacun préfère entretenir en lui le mythe de la horde primitive comme seule et indépassable configuration possible du Groupe.

Pr André Sirota, directeur de l’UFR des Sciences Psychologiques et des Sciences de l’Éducation à Paris X-Nanterre.

 

 

 

 

 

 

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