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Léon Chaby, La ménopause |
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Éditions Flammarion, Dominos, 1995. Dans la première partie de ce livre, Lucien Chaby condense avec brio les principales informations que la physiologie nous a apprises et les aspects thérapeutiques qui en découlent. Il prend en compte et développe le concept de ménopause comme rupture hormonale qu'il distingue du vieillissement. Même si les modalités et les très nombreuses questions que soulèvent les traitements hormonaux sont développées, les exclues ou les déçues des traitements hormonaux ne sont pas oubliées. Il nous invite dans la deuxième partie à réfléchir sur "l'approche globale" de la ménopause. En effet, la ménopause n'est pas une simple endocrinopathie, il s'agit bien d'une crise au sens du "Krisis" grec, c'est-à-dire d'ouverture à la réflexion. Elle relance les débats déjà anciens entre nature/culture, psyché/soma. La solution du "problème" de la ménopause n'épuise pas les questions du désir au féminin. On sait bien que l'on ne peut considérer la ménopause comme un problème uniquement hormonal et négliger ses répercussions sur l'histoire même de la patiente, sur l'image qu'elle a d'elle-même, sur son affectivité, ses relations avec son milieu professionnel, son conjoint, ses enfants, etc. Ce livre montre bien la nécessité du dialogue entre patientes et médecins pour que toutes les craintes, des plus graves à celles injustement jugées plus futiles (le poids, l'esthétique...) puissent s'exprimer.Le détour historique et anthropologique permet de mieux comprendre la ménopause. De même, il faut replacer "la cessation des règles" dans sa dimension symbolique comme manquement à être. Le vécu de la ménopause, son contexte interpersonnel social est important à connaître, mais toute description de ce vécu ne fera que "doubler" la ménopause sans l'approcher vraiment.Pour l'auteur, la ménopause n'existe pas -pas plus que la femme ou encore le féminin comme nature ou paradigme. Il y a sans doute des ménopauses et c'est chacune d'entre elles qu'il convient de comprendre et éventuellement de traiter. L'altérité que représente la femme en tant que sujet (et non objet de savoir) place donc la relation entre médecin et patiente sur le plan de l'éthique. L'important est que la femme puisse s'y retrouver, qu'elle puisse retrouver le fil de son histoire. Seul ce recours à l'histoire de chaque femme pourra intégrer l'accompagnement médical de la ménopause et déjouer les pièges des nouvelles figures du scepticisme (à quoi bon se traiter?) et/ou du dogmatisme (il faut, ou il ne faut pas traiter toutes ces femmes). Devant une femme en période de ménopause, il faudrait chercher non pas ce qui la rapproche d'autres cas du même ordre mais ce qui l'en sépare, afin de "peser, penser, juger en comparant l'incomparable", selon le mot d'Emmanuel Lévinas. Sylvain Mimoun
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