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Maurice Reuchlin, Totalités, éléments, structures en psychopathologie

Éditions PUF, 1995.

Derrière ce titre austère, mais précis se cache un ouvrage écrit en une langue recherchée et agréable, et qui donne un panorama vivant de la recherche contemporaine en psychologie. Maurice Reuchlin est particulièrement bien placé pour écrire un tel ouvrage : chercheur au CNRS, directeur de laboratoire à l'École Pratique des Hautes Études, professeur honoraire à Paris V, il s'est intéressé à la psychologie différentielle, aux méthodes quantitatives en psychologie et à l'histoire de la discipline. L'avant-propos nous fait participer, d'une manière remarquablement vivante, à la séance du 10 janvier 1924 de la Société Française de Psychologie. Nous y sommes en bonne compagnie : Marcel Mauss est président de la Société; Henri Piéron est dans l'assistance, déjà directeur du laboratoire de psychologie de la Sorbonne. A cette séance sont nommés membres étrangers Sir Charles Sherrington, physiologiste de premier plan, et Charles Spearman, qui a publié en 1904 son article sur l'analyse factorielle. Cette séance permet à Maurice Reuchlin de faire vivre les positions qu'il va mettre en balance : il est partisan d'une conception structurale de la science du vivant, entre les positions globalisantes, holistiques, et les positions élémentaristes, d'où le titre du livre.

Le chapitre premier est consacré à l'examen de certaines représentations holistiques, dont celles de Lagache et Claparède, mais aussi de nombre d'auteurs anglo-saxons qui ne sont pas forcément connus du lecteur français, et que l'on découvre avec intérêt, grâce à une mise en perspective remarquable de clarté et toujours vivante. L'élémentarisme est centré sur les travaux de Ribot, de Binet et de Piéron, à partir de Weber, Fechner, Helmholz et Wundt.

Une partie fascinante est consacrée aux pionniers de la structuration mathématiques des données, dont les noms et les méthodes d'analyse nous sont familiers, mais auxquels, dans notre ignorance, nous n'avions pas l'habitude de penser comme à des psychologues : Galton, Pearson, Spearman et Fischer. L'ouvrage se termine sur un chapitre sur les structurations cognitives, la métaphore informatique et une défense de l'approche structurale en psychologie.

Au total, un livre de référence, extrêmement informé, agréable à lire et très utile au psychopathologue qui veut s'informer des tendances de la recherche en psychopathologie comme à l'étudiant de cette discipline.

Antoine Guedeney

 

 

 

 

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