Page d'accueilCarnet Psy ?Nombreux ouvrages à découvrirLa mémoire de Carnet PsyLes deniers numéros de Carnet/PSYForums et ChatsUn livre, un auteurToutes les manifestations sur la Santé mentaleLa galerie de Carnet PsyDécouvrez de nouveaux sites sur la santé mentaleLe choix de Carnet PsyAbonnement, publicité, offres spéciales,...
AideÉcrivez-nous !Moteur de recherche et plan du site

Alain Braconnier, Les bleus de l'âme. Angoisses d'enfance, angoisses d'adulte

Éditions Calmann-Lévy, 1995.

"Toute angoisse a sa propre histoire. Comment est-elle née? Comment a-t-elle grandi? S'est-elle développée sans interruption?"... Comme le dit Alain Braconnier, toute angoisse a sa propre histoire, dont les jalons sont posés dès l'enfance; parfois un événement précis (séparation traumatisme) peut avoir un effet de bombe à retardement qui se manifeste à l'âge adulte.

Chacun gère son angoisse en fonction de son histoire personnelle et des études américaines (Rosenbaum, Bierderman, Kagan) ont mis en évidence les différences de réaction aux situations nouvelles présentées par des bébés de quatre mois. Certains avaient une attitude de retrait, d'autres étaient stimulés. Dix ans plus tard on pouvait retrouver, en particulier chez les enfants qui avaient eu un comportement inhibé, des constantes dans leur comportement. L'angoisse est un comportement inconscient, utile, qui permet de lutter contre un danger extérieur. La dépression est une réponse à un traumatisme accompli; c'est une expérience de deuil. L'état dépressif est différent de la dépression; la tristesse, la douleur morale que l'on constate, est une réponse face à l'ambivalence ressentie envers les objets perdus.15% des individus, hommes et femmes confondus présentent des troubles anxieux, c'est-à-dire, une angoisse pathologique, dont les conséquences peuvent être la dépression, la somatisation, la toxicomanie, l'alcoolisme, le suicide... Sans être nécessairement aussi dramatique, toute angoisse qui génère une souffrance trop pénible doit être traitée.

Il existe de réelles possibilités de lutter contre l'angoisse, de l'apaiser. Si elle est maîtrisée, elle peut alors devenir une source d'énergie utile : "Il ne s'agit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens."(Ramus)

Si les médicaments apportent une rémission ponctuelle, ils n'attaquent pas le mal à la source. Il ne s'agit pas de détruire l'angoisse, mais de l'éduquer, de l'apprivoiser afin qu'elle s'apaise; l'angoisse est comme un être vivant qui fait son chemin et ses manifestations ne sont pas définitives. L' abord psychothérapique est à même d'en permettre une gestion.

Il arrive que des enfants très anxieux deviennent des adolescents détendus; les manifestations de l’angoisse chez les adolescents se traduisent par des difficultés scolaires, des troubles du comportement, de l'agressivité; certaines angoisses des adolescents expriment un refus d'identité sexuelle et sont liées aux enjeux inconscients que ravive le passage de l'enfance à l'adolescence. Il est important de savoir que l'anxiété est, à l'adolescence, normale, qu'elle est un signe du bon fonctionnement psychologique quand elle apparaît au moment des examens, ou lors des premières relations amoureuses; il ne faut pas pour autant la confondre avec la "crise" d'adolescence. 30% des lycéens déclarent être souvent anxieux, et sur le nombre 15 % présentent des difficultés sérieuses. Mais lorsqu'elle est trop massive, elle peut entraîner des comportements régressifs (aller au lit avec son "doudou", pleurer, présenter des troubles des comportements alimentaires...), sorte de retour à des satisfactions anciennes et perdues. De génération en génération, les conflits familiaux se transmettent de façon incontournable, et la relation à la mère reste l'élément déterminant de l'évolution de l'enfant. La menace dépressive est chez l'adolescent, le passage de l'angoisse à la dépression; bien que réversible si repérée et traitée à temps, il convient de considérer le risque d'effondrement pour lequel elle joue un rôle d'alerte.

Dans ce livre particulièrement clair, Alain Braconnier expose ce qu'il constate dans sa pratique. Animé du souci de rendre accessible au lecteur les différences réelles que recouvrent les mots angoisse, anxiété, dépression qui souvent sont employés de façon indifférenciée dans le langage commun, il permet à travers des exemples concrets que soient illustrés les différents aspects de ce qui est souvent confondu. Ainsi, le lecteur, quelle que soit sa formation et son intérêt, dispose d'un moyen de repérage et, sans difficulté majeure chemine dans le livre au gré de son intérêt. Le soin que l'auteur porte à la présentation et à la classification permet aux étudiants de se servir de ce manuel pour affiner leurs connaissances, les répertorier, les réviser.

Ouvrage à mettre dans toutes les mains, au profit de chacun.

Sophie Brusset

 

 

 

 

© Carnet Psy. Tous droits réservés.