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Laurence Vaivre-Douret, Précis théorique et pratique du développement moteur du jeune enfant |
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Éditions Elsevier, 1997. Le développement moteur du jeune enfant : comment ce thème globaliste ancien peut-il être "réinterrogé" dans le cadre des recherches en psychologie ? Laurence Vaivre-Douret poursuit ses recherches et enseigne dans le cadre de l'U-483 INSERM ("Plasticité cérébrale et adaptations visuelles et motrices" - Dir. Y. Burnod), en neuropsychologie du développement, discipline pour laquelle elle se réclame de J. de Ajuriaguerra; clinicienne et psycho-motricienne, son terrain principal est la Maternité Port-Royal-Baudelocque. L'ouvrage est centré sur l'évaluation, dans un sens très actuel de l'explo-ration approfondie des fonctions et des fonctionnements, leur mise en place et leurs dysfonctionnements, sous-jacent, un point de vue intégratif du développement. La première moitié du livre présente une étude comparative entre 7 échelles connues : Gesell, 1947; Brunet-Lézine, 1957; Stambak, 1963; "Denver", 1967; Bayley, 1969; Pickler, 1969; Capute, 1985. A noter que la révision du Brunet-Lézine était en cours en France au moment de lélaboration de louvrage. Les tableaux figurent en regard leurs normes du développement posturo-locomoteur jusqu'à 3 ans, et du développement de la préhension jusqu'à 1 an. Les méthodologies et conditions dapplication sont soigneusement examinées. Les divergences répertoriées dans les normes d'acquisitions motrices concernent leur ordre, leur rythme d'évolution, leurs dates d'apparition. Cette variabilité est commentée et analysée en détail. Les critères de "normalité" et de représentativité des échantillonnages sont redéfinis en fonction des connaissances récentes : sexe, "race", caractéristiques toniques, mais surtout facteurs d'environnement de l'enfant, liés à sa "niche écologique développementale" (Tourrette), au cadre affectif et social, à la "qualité des soins". A noter ici que "l'expé-rience acquise dans un environnement offert à l'enfant peut avoir un impact important sur la précocité des acquisitions motrices, voire l'apparition ou non de certaines aptitudes motrices au cours du développement". Point de vue, avec ses appuis théoriques, qui est impliqué dans l'évaluation clinique précoce avec sa dimension pronostique (anomalies péri-phériques/centrales) et les aspects prévention-rééducation. La deuxième partie de l'ouvrage présente l'étude-pilote de Laurence Vaivre-Douret. La nouvelle échelle d'évaluation va de la naissance jusquà l'âge de 4 ans. Rigoureuse et pratique, elle prend en compte l'ensemble des réflexions suscitées par l'étude comparative et retenant les facteurs prédictifs "d'une bonne coordination motrice, adaptée, dirigée et motivée": l'action de la fonction motrice propre est examinée sous langle de son usage, sans dissocier performance et qualité. Deux volets du dévelop-pement moteur fonctionnel : posturo-moteur et locomoteur; préhension-coordination visuo-manuelle. Le mode de présentation, ordonné et minutieusement descriptif des feuilles dexamen, les illustrations (près de 100), les représentations graphiques écarts-types/moyennes d'âge, permettent une visualisation des fonctionnements de l'enfant par rapport à la normalité et des items révélateurs de profils caractérisés. Un niveau moteur moyen peut être établi. L'étude-pilote, longitudinale (123 enfants) a distingué la période 4 mois-4 ans, et la période 0-4 mois, cette dernière sinscrivant aussi dans une étude transversale portant sur 1500 nouveau-nés (en annexe, grilles d'évaluation néo-natale : neurologiques, neuropsychomotrices et psychosensorielles, posturales, orthopédiques). L'étude élargie est en cours. Elle prend en compte dans les résultats le mode de couchage de l'enfant (son "expérience posturale"). A ce propos, lauteur sinterroge sur les incidences, de type orthopédique ou même développementales sur le court terme, des positions de sommeil (ventrale, dorsale, latérale), parfois imposées avec rigidité, de façon généralisée plutôt quindividualisée (cf. les directives officielles basées sur des recommandations médicales, relatives, par exemple, aux risques de mort subite du nourrisson). Léchelle met l'accent sur le double aspect de la coordination motrice, statique et dynamique, et explore, en suscitant leur mise en oeuvre optimale, les capacités d'adaptation et de régulation de la fonction motrice propres à chaque enfant par rapport à son environnement (terme défini p. 80-81). Cette approche interactive de la "neuropsychomotricité" ne dissocie pas, dès lévaluation, les aspects neurobiologiques et psychologiques de l'engagement de lenfant dans son environnement. Sont pris en compte l'équipement et la constitution, mais aussi la morphologie qui joue dans l'initiative motrice et le déroulement du geste, toujours hélicoïdal, car engagé dans la coordination-dissociation permanente de l'enchaî-nement des mouvements. De sa pratique en longitudinal, l'auteur valorise la notion de risque de modelage fonctionnel, avec une hypothèse concernant un retentissement sur lorganisation neuronale. La construction interactive harmonieuse des acquisitions fonctionnelles s'appuie non sur l'apprentissage, mais sur l'ouverture des propositions faites à l'enfant : si on laisse la place à son initiative motrice et à sa motivation, il va trouver ses propres stratégies par l'action pour arriver aux acquisitions développementales. Y compris en cas de troubles neurologiques plus ou moins minimes : on connaît actuel-lement mieux les plasticités cérébrales et les stratégies de compensation que les parents offrent spontanément ou vers lesquelles on peut les guider, en appréciant bien sûr le cadre de l'interaction parent-enfant là ou elle en est. Irène Casati-Maître
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