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Jean-Bertrand Chapelier et Pierre Privat, Violence, agressivité et groupe |
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Éditions Érès, 1999. Depuis quelques temps, la violence est devenue un véritable fait de société. Si elle a toujours été présente dans les groupes, il ne faut pas oublier quelle est utile à leur organisation, en favorisant lémergence du droit notamment - Freud remarquait déjà la nécessité pour le prolongement de lespèce humain, de ce droit et de cette pulsion demprise vitale. De même, R. Girard (La violence et le sacré) met en avant la fonction utile du bouc-émissaire dans toute société. Louvrage collectif dirigé par Chapelier et Privat nous plonge dans la clinique des groupes, et aborde la fonction de transformation des groupes par la question de la violence, à travers différentes formes de situation (âges et pathologies ). La violence et lagressivité sont tout dabord différenciées en ce sens que la première est synonyme dagir et dexcitation et correspond à une négation de lautre, alors que la deuxième est une forme plus élaborée de la première puisquelle sous-entend une relation dobjet. Il savère par ailleurs que la violence ne prend pas racine sur nimporte quel terrain. Une fragilité narcissique avec un surmoi et un pare-excitation défaillants en favorisent son origine. Mais surtout, la mise en groupe représente une violence par langoisse abandonnique, les régressions, les remaniements identificatoires quelle engendre. Les différentes approches thérapeutiques présentées constituent un bon recadrage des repères cliniques sous-jacents à ces éclosions de violence dans les groupes et indiquent des pistes possibles tout en prévenant du danger de la répétition qui provoque le démembrement ou la mort du groupe. Limpact de la violence est tel quelle fige le mode dauxiliariat (entre stimulation et réceptivité) et ne permet pas lélaboration mentale. Les auteurs mettent aussi en évidence la nécessité pour favoriser la circulation émotionnelle, danalyser le transfert et le contre-transfert en supervision ou groupe de recherche. En effet, la violence pour la violence, renvoie aux thérapeutes les mêmes processus en miroir et bouleverse lidéal de groupe rêvé. Les contre-attitudes des thérapeutes sont de lordre des enjeux narcissiques dans les groupes de formation ; dans les groupes denfants autistes et psychotiques, des ressentis corporels, des sentiments de contamination, de dépression, de destructibilité et des difficultés à élaborer peuvent les envahir avec une tendance à être alors plus limitant et plus intrusif. En ce qui concerne les groupes denfants traumatisés, la pensée des thérapeutes est souvent figée, ils risquent de passer à lacte ou dêtre en collusion avec les parents maltraitants en répétant la situation traumatique. A travers les évolutions de groupes recueillies, nous cheminons parmi ces exemples et pouvons découvrir le fruit des réflexions de ces travaux : nous pouvons apprécier par exemple lillustration de tricoter des liens que Privat réalise en précisant la nécessité dun cadre contenant, de la présence dun thérapeute à lécoute, et dun bon dispositif Chapelier nous démontre comment un groupe peut favoriser un bon étayage narcissique à ladolescence, sans devenir un objet surmoïque externalisé. Nous abordons avec G. Haag, comment, devant la violence de type autistique, nous devons communiquer notre attention psychique en allant chercher dans leur problématique décrasement, de coups et de vertige. Chaque groupe est caractérisé par quelque chose : cela passe par la création dun personnage en commun favorisant la projection et la ré-introjection du projeté, par lémergence dun bouc-émissaire porte-parole du groupe, et leffet traumatique potentiel de la concentration de pathologies identiques dans un groupe (Cf. Kaes) ; la difficulté à déjouer les pièges du contre-transfert afin douvrir les enfants abusés et maltraités au processus dadolescence en libérant leur développement psychique de lenvironnement traumatique. Ce livre nous permet de comprendre en quoi le fait de raconter son histoire pour un adolescent devant et avec les autres est synonyme de second processus dindividuation, ou bien dans quels cas, il est thérapeutique de passer à lacte par lacte, ou encore comment un groupe denfants maltraités peut engager des tentatives de réparation et permettre aux auteurs dassumer leur violence. Pour terminer, nous pouvons nous intéresser au développement concernant le rôle dun écran-cible des projections des fantasmes destructeurs puis réparateurs, de même quà la notion de fonctions danti-leader et de leader des affects. Ce livre est riche en analyse du travail clinique des groupes et sadresse ainsi à tous les professionnels ayant à faire aux groupes, en renvoyant aux expériences de chacun et en favorisant une remobilisation psychique. Nathalie Le Brun
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