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Monique Bydlowski, Je rêve un enfant |
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Éditions Odile Jacob, 2000. Monique Bydlowski nous offre ici un livre sensible, qui se lit doucement et qui berce, aux marges de la théorie analytique et de la rêverie maternelle. Je rêve un enfant. Et non : je rêve dun enfant, ou à un enfant. Je rêve un enfant et mon rêve le fabrique. M. Bydlowski parle dun artisanat. Lamour maternel, comme tout amour humain, nest pas donné instinctuellement, il est pris dans tout un réseau psycho-affectif qui le rend singulier à chaque femme, qui créera alors, avant de donner le jour à lenfant réel, une narration tissée dans létoffe de la vie pré-requis de toute conception humaine. Reprenant des concepts classiques de la périnatalité, tels que lattachement, le mandat transgénérationnel, lidentification à une autre femme, ou des concepts précisés par elle-même dans des ouvrages antérieurs, comme La transparence psychique ou La dette de vie, M. Bydlowski les articule ici autour de sa propre sensibilité féminine, de ses propres associations. Sapprochant au plus près de cette crise émotionnelle et narrative de la grossesse, M. Bydlowski évoque le regard oblique des Madones de la Renaissance italienne, regard orienté sur soi, vers lintérieur de la future ou nouvelle mère. De splendides reproductions illustrent ce quelle nomme regard pathétique, au sens neurologique du terme. Mouvement des yeux guidé par une paire entière de nerfs crâniens, dédiée uniquement au pathétisme et donc à lexpression de la passion intérieure. Ou bien, retrouvant des contes populaires, des scènes bibliques, des récits littéraires, lauteur illustre les concepts théoriques de ses associations personnelles. Ainsi, le devoir de gratitude ou concept de dette maternelle à légard de la mère, est-il éclairé par le thème littéraire du double ou de la vente de la perte de lombre ( Lhomme qui a vendu son ombre de Von Chamisso ), la vulnérabilité et le renoncement maternels sont évoqués à travers le jugement de Salomon. Bien dautres références, de nombreuses vignettes cliniques, nous parlent de lambivalence de la grossesse, de la place paternelle, des rituels de naissance, du lieu initiatique que représente la maternité, du baby-blues, du drame de la mort de lenfant. En nous conviant à partager ses références culturelles, M. Bydlowski nous offre une part de son intimité. Celle qui, en tant que psychanalyste en Maternité, se garde dinterpréter, mais tâche de comprendre et contenir sans interpréter, nous communique un peu de son système associatif au travers de sources artistiques et poétiques. Dédié aux futures mères ou aux femmes qui ont eu des maternités difficiles ou dramatiques, cet ouvrage concerne aussi tous les soignants de la périnatalité -une bibliographie est jointe- et tous ceux que le quotidien mystère de la conception fascine. Fascination dont le caractère ineffable de la grossesse est le noyau. Louvrage de M. Bydlowski m a rappelé un court passage de LInterprétation des rêves dans lequel Freud parle de l ombilic du rêve : le point où il se rattache à lInconnu. Ce nest pas un hasard sil nomme ainsi ce point obscur, cet ininterprétable qui résiste toujours. Ainsi résiste le mystère, lénigme de la naissance. Ainsi recherchons-nous sans doute toujours ce point obscur, cet ombilic qui nous a liés et nous laisse marqués. Sylvie Gosme-Séguret
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