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Sous la direction de Michel Dugnat, Grossesse et naissance : le passage |
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Éditions Érès. Collection Mille et un bébé.Le dernier-né de la collection se nomme Grossesse et naissance : le passage et il vaut vraiment la peine d'être connu; c'est un beau bébé né de cinq pères et de deux mères. Les auteurs s'essayent tous, les uns après les autres, au genre bref mais concis : « grossesse/passage/naissance stop de votre position professionnelle, que voyez-vous par cette fenêtre? stop répondez en quelques pages seulement à cette question stop éviter effets de manches et jargon stop merci pour vos lecteurs ». Le résultat est à la hauteur du « fantasme du corps imaginé » du bébé ! Un effet, vous le voyez en direct à l'échographie en suivant pas à pas Marianne Fontanges-Darriet qui sait très bien nous laisser garder juste ce qu'il faut d'opacité dans ce qui se voit objectivement; et nous savons bien que trop de trans-parence (voir à travers les parents?) peut souvent conduire à l'IVF (interruption volontaire de fantasme selon le mot de Michel Soulé). Pierre Rousseau évoque une recherche entreprise qui montre à l'envi la corrélation entre les drames de la naissance et les orages familiaux qui l'ont précédée. Sylvain Missonnier relit Freud pour nous en extraire les concepts essentiels d'angoisse automatique et d'angoisse signal; à propos d'une histoire clinique, il nous rappelle l'importance du détour de la parole pendant la grossesse pour amenuiser les fatalités du transgénérationnel; voilà bien de la prévention recevable. Puis c'est au tour de Bernard This, bien connu des psychanalystes (entre Autres) pour ses saines colères interprétantes, qui nous en fait une belle et juste sur l'inanité de la plupart des naissances forcées en 1997; et de plaider pour l'haptonomie comme principal appui de la maieutique psychique. Maurice Titran joue une petite pièce de musique délicate à cinq voix : le placenta, le cordon, le liquide, les membranes et le bébé; les quatre premières voix feront des variations contrapuntiques autour du thème central chanté par her majesty le bébé pendant toute la grossesse; et au moment du passage, le bébé, seul survivant de cette polyphonie sera accueilli par un "je thème" de ses parents. Line Petit, très douée pour poétiser la venue au monde, continue sur la musique des mots, "du clos à l'ouvert, de l'obscur à la lumière", "...l'amas des ombres lithurgiques, scientillent vaguement des trésors ignorés". Michel Dugnat, l'inspirateur du Passage entre les positions individuelles de chacun des écrivants et leur écrit collectif, donne une introduction toute emplie du merveilleux Malaussène de Pennac, et en donnant le « la » du livre, lui en suggère le projet et les ouvertures prometteuses : « ordinaire ou pathologique, elle (la naissance) sera alors porteuse d'avenir et de liens. Car cette naissance qui, pour la mère est répétition d'autres pertes, plus anciennes, est pour l'enfant ouverture à la perte, ouverture à l'autre, ouverture au tiers. Si la violence de la naissance inévitable reste présente mais humanisée c'est-à-dire limitée et parlée, la présence d'un père, garant possible du tiers entre la mère et l'enfant, viendra ensuite tenter de faire de cet événement la préface d'une histoire singulière, celle d'un projet naissant ». Pierre Delion
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