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Éditions Presses Universitaires de France
La Revue française de psychosomatique existe depuis trois ans. Elle est animée par des psychanalystes membres de l'IPSO fondée par Pierre Marty pour poursuivre les travaux de l'École de Psychosomatique (École de Paris) constituée dans les années 50 au sein de la Société Psychanalytique de Paris [1].
La Revue française de psychosomatique publie deux numéros de 224 pages deux fois par an.
Elle se veut un lieu d'échanges, de confrontations et de recherches ouvert à ceux qui, en France et à l'étranger, ressentent le besoin qu'une revue scientifique permette le développement des pratiques et des théories du traitement psychothérapique des patients somatisants.
Elle est donc ouverte à des auteurs provenants de différents horizons psychanalytiques, ainsi qu'à des non-analystes, médecins somaticiens et chercheurs dont les travaux ont pour objet les rapports entre le psychique et le somatique. Dans le premier numéro, Psychanalyse et Psychosomatique sont abordés les problèmes soulevés par la référence de la psychosomatique à la psychanalyse et les rapports complexes qui les lient. Inclusion ou exclusion? Supplément ou complément? Cure psychanalytique classique ou psychothérapie avec une technique particulière?
Ces questions sont celles auxquelles nous renvoient avec insistance un certain nombre de patients, par exemple ceux qui, au cours d'une analyse ou d'une psychothérapie ont une désorganisation somatique, ou à l'opposé, une affection somatique qui s'améliore alors que parallèlement une activité psychique de meilleur qualité redevient fonctionnelle.
Le numéro 2, États traumatiques, états somatiques rassemble une série de réflexions sur ce constat clinique que les états traumatiques sont souvent suivis, dans leur évolution, d'affections somatiques. Des recherches actuelles en psychosomatique ont montré la convergence entre les névroses mal mentalisées et les névroses actuelles. Il découle de ces travaux que la notion de traumatisme en clinique psychosomatique, plus qu'en clinique psychanalytique, a réhabilité la réalité matérielle en tant que source inépuisable d'excitations pour l'appareil psychique.
L'aspect thérapeutique est traité dans le numéro 3 qui s'efforce de répondre à la question qui fait son titre: Psychosomatique: quelles psychothérapies? La démarche de celui qui décide d'aller voir un psychanalyste en raison d'une affection somatique peut sembler éloignée de la démarche de celui qui va consulter un psychanalyste au nom d'une souffrance psychique. Quel est l'effet de cette différence de contexte sur la mise en place d'un cadre et l'engagement d'un travail psychanalytique et psychothérapique? Cette question conduit à s'interroger aussi sur les possibilités ou non de poursuivre le projet d'analyse de la névrose de transfert selon le modèle classique, ainsi que sur divers aménagements techniques proposés pour tenter de s'adapter aux situations spécifiques des patients somatiques.
Les procédés autocalmants sont traités dans le numéro 4. Ce sont des comportements défensifs du moi qui visent à faire revenir le calme, mais sans apporter la satisfaction, et qui font habituellement appel à la motricité et à la perception. Ils traduisent un échec du refoulement et sont soumis à une contrainte de répétition. Souvent associés à un fonctionnement psychique de type opératoire, ils sont, pour les psychosomaticiens, au coeur de leurs interrogations actuelles sur les défaillances de la mentalisation.
Le numéro 5, Psychosomatique et remaniements psychiques propose des réflexions sur les remaniements psychiques provoqués par le fait d'être malade somatiquement. Dans certains cas, ces remaniements sont négatifs, mais dans d'autres, ils marquent la reprise d'un travail psychique et d'une réorganisation. Cette éventualité est explorée, entre autres, dans ses rapports avec la régression narcissique, les processus conversionnels, l'hypocondrie et la réparation des défaillances du noyau masochiste primaire.
Le numéro 6 est consacré à Pierre Marty qui est mort le 14 juin 1993. Il a été conçu à la suite de la journée scientifique à son oeuvre qui a eu lieu en décembre 1993, organisée conjointement par l'Institut de psychosomatique qu'il avait fondé et par la Société Psychanalytique de Paris dont il a été l'un des présidents.
Les numéros 7 et 8 offriront une vaste confrontation de la psychosomatique aux différents modèles théoriques, en premier lieu à celui de la psychanalyse, mais aussi à ceux de la biologie et de la médecine, ainsi qu'aux modèles philosophiques et modèles théoriques, la confrontation d'idées portera aussi, à l'intérieur même du champ de la psychosomatique, sur différents modèles théoriques qu'on y trouve actuellement.
Ce rapide parcours des thèmes traités montre que les travaux en psychosomatique nous semblent avoir atteint la maturité et un intérêt qui permettent, à présent, des écrits plus nombreux pouvant être livrés à des lecteurs plus nombreux aussi.
C'est pour les diffuser que cette revue existe.
Claude Smadja, Gérard Szwec.
[1] P. Marty, M. Fain, M. de MUzan, C. David
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