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Topique

Revue freudienne fondée en 1969 par Piera Aulagnier qui la dirigea jusqu'à sa mort en 1990, Topique est co-dirigée par Sophie de Mijolla-Mellor, Jean-Paul Valabrega et Nathalie Zaltzman qui poursuivent le travail et les objectifs dans l’esprit qui avait animé la revue depuis sa fondation.

Un peu d'histoire

Topique voit le jour la même année que la création du IVe Groupe OPLF à la suite de ce qui fut la troisième scission dans le mouvement psychanalytique en France. Sa fondatrice avait eu un rôle central aussi bien dans la scission que dans la conception de ce qui allait faire les principes du nouveau groupe s'annonçant comme une alternative tant vis-à-vis de l'API que de l'institution lacanienne.

Cependant, dès le début, était souligné la volonté de la Rédaction de faire de Topique un lieu qui ne serait la propriété d'aucune chapelle et ne s'inféoderait à aucun groupe. Son but se donnait exclusivement de participer à l'avancement de la psychanalyse grâce à une volonté d'ouverture aussi bien à l'intérieur de la psychanalyse elle-même que vers les relations de celle-ci avec d'autres disciplines (la psychiatrie notamment) par exemple.

La revue sera publiée successivement par les PUF, Desclée de Brouwer puis enfin par Dunod depuis 1988 (trois numéros par an).

Les objectifs actuels

Contribuer à préserver sa place à la psychanalyse, en défendre la spécificité et les limites, a été et reste le souci majeur de Topique. Une place privilégiée a toujours été donnée aux travaux représentatifs des courants psychanalytiques, aux recherches centrées sur la pratique de l'analyse, ses ouvertures cliniques et ses impasses, aux questions que la psychose continue à poser à la métapsychologie freudienne malgré les approfondissements de la recherche actuelle et les nouveaux outils conceptuels que nous lui devons.

Topique a été et veut rester une revue de confrontation entre différents courants théoriques et leurs pratiques, ouverte à tous ceux qui acceptent de débattre de leurs options sans complaisance et sans dogmatisme.

Enfin, la mise en regard du culturel et du champ social par la psychanalyse se retrouve dans des numéros regroupant des contributions venues de spécialistes du domaine considéré avec celles de psychanalystes souhaitant y confronter la psychanalyse comme méthode heuristique. C'est le cas avec le domaine juridique dans le n°52 (Avoir droit), avec l'art dans le n°53 (Pouvoirs de l'image) ou avec l'anthropologie dans le n°43 (La naissance) et le n°50 (Les jumeaux et le double).

Cette diversité ne constitue pas une diversion par rapport à l'objectif central qui demeure lié à la clinique et à l'élaboration théorique qui peut en être issue mais elle vise à re-situer la psychanalyse à la place où l'avait d'emblée inscrite Freud, c'est-à-dire non comme un simple procédé thérapeutique mais comme une pensée de l'humain.

Derniers numéros parus et thèmes annoncés

Scissions psychanalytiques (n°57) reprend les communications exposées à Berlin lors de la Vème Rencontre de l'Association Internationale de l'Histoire de la Psychanalyse.

Ce numéro est donc international, regroupant des contributions traduites de diverses langues et reflétant la diversité des approches. La réflexion commune porte sur les scissions dans le mouvement psychanalytique de ses origines à nos jours, les manières dont elles se sont historiquement produites, leurs origines et leurs conséquences.

Des articles historiques condensent et explicitent ainsi les grandes lignes d'événements souvent mal connus situés d'abord au lieu même de la fondation de la psychanalyse (T. Bokanowski), puis ailleurs en France (A. de Mijolla), en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, en Argentine. D'autres articles abordent la question par un biais général ou épistémologique : La dissension dans son contexte (M. Pines), La psychanalyse au risque de l'Évangile (J. Chasseguet-Smirgel et B. Grunberger), La potentialité des scissions dans la théorie psychanalytique elle-même (S. de Mijolla-Mellor), Éthique ou épistémologie de la psychanalyse (R. Gori).

Le numéro 58, L'épreuve du politique (à paraître 1996) portera tout d'abord sur les enseignements que les psychanalystes peuvent tirer des échanges qui ont eu lieu ces dernières années avec leurs collègues russes. On y lira un texte d'A. Etkind (La Russie dans la sphère de Sigmund Freud), un texte d'A.-J. Belkine établi à partir d'une conférence prononcée sur Psychologie politique fondée sur la psychanalyse, analyse de la crise sociale contemporaine russe et une réponse de W. Granoff argumentant ce dernier autour de la notion d'"Oedipe social". Deux autres textes, l'un sur la transmission (C. Rousseaux) et l'autre sur la fin de l'analyse (M.-C. Fusco) concluent ce numéro qui comporte également un "dossier" sur Hannah Arendt avec un article de Paul Roazen (Philosophie, banalité et barbarisme) et un autre de J. Peuch-Lestrade (L'agora chez l'analyste).

Les numéros annoncés de l'année 96

L'enfant écrit (n°59) : ce thème est à entendre dans la triple optique de ce qui est écrit par l'enfant (journaux intimes, poèmes, etc.), de ce qui écrit pour l'enfant (la littérature dite enfantine) et de ce qui écrit sur l'enfant (l'image de l'enfant dans la littérature, l'enfant comme personnage etc.). Le travail psychique de l'analyste dans la séance, La formation des psychanalystes, Le hasard.

Sensibles à un réflexion générale mais fidèle à la spécificité des interrogations issues de la pratique de la psychanalyse tels sont le projet et la ligne directrice de Topique.

Sophie de Mijolla-Mellor

 

 

 

 

 

 

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