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Psychiatrie Française est une revue qui occupe une place tout à fait originale par rapport à l'ensemble des périodiques de la discipline.
Fondée grâce aux efforts de Charles Brisset en 1968, elle était alors le bulletin du Syndicat des Psychiatres Français, son contenu étant essentiellement consacré à l'actualité administrative et à la défense de l'exercice professionnel. Mais, dans la mesure où le projet du SPF visait d'emblée à faire reconnaître pleinement notre identité au-delà de la diversité des pratiques et des querelles d'écoles, cela impliquait qu'en même temps puissent être débattues toutes les questions relatives à l'épistémologie de la psychiatrie, même s'il fallait renoncer pour cela à tenir un discours unitaire.
C'est donc logiquement que, dès 1970,
Psychiatrie Française adoptait une nouvelle formule qui consacrait pleinement son statut de revue scientifique. A Charles Brisset, premier rédacteur en chef se sont adjoints Augustin Jeanneau puis Simon-Daniel Kipman: ce dernier étant resté seul rédacteur en chef après le décès de Charles Brisset. Depuis 1990, à partir du numéro Tranquilliser,
Psychiatrie Française n'accueille plus de publicité des laboratoires pharmaceutiques . D'une part, c'est une garantie supplémentaire d'indépendance quant à son contenu; cela permet, d'autre part, de la présenter à toutes les personnes intéressées même si elles n'appartiennent pas au corps médical. De même, si pour des raisons de cohérence interne, au classique comité de rédaction s'est substitué une équipe rédactionnelle plus réduite, celle-ci comprend des non-psychiatres (hauts fonctionnaires, historiens, philosophes).
Nous publions annuellement quatre numéros centrés chacun sur un thème déterminé plus un numéro spécial qui rend compte des Journées Nationales de l'Association Française de Psychiatrie. Le tirage s'établit aux alentours de deux mille exemplaires.
L'évolution de la revue, depuis plus d'un quart de siècle à présent, s'est faite dans la même direction, en affirmant mieux son caractère, même si ce n'était pas une option de départ délibérée. Il s'agit toujours de déterminer les conditions qui permettent de dégager la spécificité de notre pratique des contraintes de tous ordres qui pourraient l'entraver. Réciproquement, notre expérience de psychiatres nous permet de poser un regard original sur un certain nombre de pratiques sociales ou culturelles. Contrairement à ce qui a été parfois avancé, nous ne visons pas à l'éclectisme. Si nous sommes en effet ouverts à l'ensemble des pratiques et des orientations doctrinales dans notre discipline, nous demandons constamment aux auteurs sollicités de situer leur travail dans une perspective ouverte prenant en compte la trajectoire existentielle. Notre projet est donc humaniste avant toutes choses.
La sélection des thèmes traités découle directement de ce choix essentiel. Nous visons à établir un équilibre entre des numéros centrés assez directement sur la clinique et donc plus immédiatement "utiles" pour les spécialistes et d'autres davantage tournés vers des perspectives aux dimensions culturelles plus affirmées pouvant également toucher d'autres types de lecteurs. Mais quelle que soit l'option choisie pour un numéro donné, nous veillerons à éviter tout ce qui pourrait rappeler, de près ou de loin, des questions de cours ou pétitions idéologiques.
Il est difficile de mesurer très rigoureusement l'impact d'une revue. Pour Psychiatrie Française, nous disposons d'une série d'indices qui vont tous dans le même sens. Non seulement le nombre de lecteurs s'accroît régulièrement mais, parmi eux, la proportion de non-médecins augmente. Les propositions de collaborations spontanées sont de plus en plus nombreuses non seulement dans les publications scientifiques et les magazines médicaux mais aussi de la presse grand public. Ainsi, nos numéros sur Le bonheur et Pertes et deuils pathologiques ont constitué la documentation essentielle de dossiers publiés dans la presse féminine à gros tirage. Enfin, le succès de Psychiatrie Française a suscité, voilà quelques mois à peine la naissance d'un frère cadet dont le titre et la formule sont calqués sur les nôtres. Mais être imité et copié n'est-ce pas en fin de compte la preuve que les paris de Charles Brisset hier, Simon-Daniel Kipman aujourd'hui ont bien été gagnés ?
Samuel Lepastier
Psychiatrie Française publiera en 1995 :
- Cinquante ans de psychiatrie de lenfant
et de ladolecent
- Suicide
- Des limites de la psychiatrie
- Crises, transes et paroxysmes
- Psychiatrie et politique
Psychiatrie Française,
23 rue Pradier, 92 410 Ville dAvray.
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