Page d'accueilCarnet Psy ?Nombreux ouvrages à découvrirLa mémoire de Carnet PsyLes deniers numéros de Carnet/PSYForums et ChatsUn livre, un auteurToutes les manifestations sur la Santé mentaleLa galerie de Carnet PsyDécouvrez de nouveaux sites sur la santé mentaleLe choix de Carnet PsyAbonnement, publicité, offres spéciales,...

Gigi, Monica et Bianca

Film Roumain de Yasmina Abdellaoui et Benoit Dervaux. 1996, RTBF Liège, 84 mn. Diffusion ARTE.

Document sur la précarité : Les tribulations d'adolescents-jeunes adultes, livrés à eux mêmes dans une gare, tentant de renouer des liens avec une famille qui les rejette. Gigi, (dont les parents sont séparés et dont le beau-père fait de fréquents aller-retour en prison, et qui tente, entre autres, de violer Monica), aime Monica, jeune fille de 15 ans, qui est enceinte de lui.

Au milieu de tant de misère et de carence, notre première surprise est de voir survivre cet amour, et la vie du groupe avec une véritable entraide grâce à de petits boulots dans une gare. Bianca nait. La précarité se décline tout au long du film. Une veuve les héberge contre des services puis les rejette rapidement. La seule chose qui tienne : leur amour, les soins donnés au bébé qui pousse bien, qu'il n'a jamais été question d'abandonner à l'orphelinat, contrairement aux conseils bien-pensants.

Film déroutant, déstabilisant, relativisant toutes nos certitudes (?) sur les institutions comme seule possibilité de faire face à la misère, et révélant la capacité humaine à s'en sortir quoi qu'il arrive...Combien de temps vont-ils tenir ?

Est-ce une raison pour remettre en question les institutions ? Serait-ce indirectement, " défendre " la misère dans les gares, et cette «  autre  » forme de société? Questions sans réponse ? Peut-être, mais sans doute est-il utile de se les poser.

Ce film nous pousse à imaginer d'autres solutions face à la misère qui restent à inventer, et à créer. C'est son mérite.

 

 

 

 

© Carnet Psy. Tous droits réservés.