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Métier à tisser |
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26 minutes, 1998.Film de R. Cael et A. Bouvarel. Distribution : CNASM, CH de Lorquin (03 87 23 14 12)Un film qui a fait l'unanimité pour notre « test-public » de l'IFSI. Document sur l'unité de soins mère-enfant « La Frimousse » à Brumath. Nous sommes désormais familiers du « style », Cael-Bouvarel (Terres d'Asile, Petits Morceaux de Lumière,...). Dans ce film, on zoome sur la métaphore du métier à tisser. En fait de métier à tisser, c'est plutôt canevas, broderies et autres points de capiton. (La distinction est peut-être un peu subtile pour des réalisateurs masculins...). Mais l'image qui file tout au long du film est le tissage des liens. Les témoignages de mères et de pères sont poignants (peur, étrangeté, bascule, solitude, abandon, déception, impuissance...). A première vue, le film nous a semblé plus esthétique que « technique ». En fait, un certain nombre d'éléments cliniques sont présents dans le discours des uns et des autres mêmes s'ils ne sont pas présentés « didactiquement ». Pour ce qui est des pathologies maternelles, environ : 1/3 de psychoses, 1/3 de troubles de la personnalité, 1/3 de dépressions (estimations données par le médecin). Les bébés, quant à eux, présentent des symptômes très variables mais on relève certains « invariants » : tristesse, retrait, évitement relationnel, conduite de protection. Tous ces symptômes se modifient rapidement au contact des soignants effectuant une véritable « réanimation ». Nous aurions aimé un plus long développement sur les signes de souffrance repérés chez l'enfant pour lequel est décidé un placement dans une famille d'accueil (ceux de la mère sont manifestes). Le film détaille également le fonctionnement de la structure : 4 à 6 enfants par jour. Chaque dyade mère-enfant a sa référente. Celle-ci a la tâche de médiatiser ce qui se passe entre la mère et l'enfant. Les témoignages des soignants ainsi que d'un psychologue et de la pédopsychiatre nous éclairent sur les difficultés et la nécessité de l'aménagement constant de la distance (tissage de liens...). Ce travail nécessite un soutien de l'équipe, un « portage » réalisé par le psychologue qui suit également de très près le développement des enfants. Un travail à domicile est mené en amont ou en aval de la naissance. Il permet aussi le travail avec les pères et les fratries. Bien évidemment, pour qu'une telle structure puisse être mise en place, il faut avoir sû créer un réseau maternité/pédopsychiatrie/pédiatrie/médecin-généraliste/PMI et que ce réseau soit suffisamment fonctionnel, ce qui n'est pas, en pratique, une mince affaire. Là aussi le métier à tisser opère... Le film évoque la prévention de la maltraitance mais ne parle pas de la prévention des autres pathologies (troubles envahissants du développement, autisme, psychoses,...). Nous sommes un peu restés sur notre faim sur ce point. Nous avons trouvé ce document dense, clair, concret, riche de belles images ; et particulièrement apprécié ce « fil rouge » qu'on a le sentiment de ne jamais perdre au travers de l'articulation des différents entretiens (le lien, sans doute...). Nous attendons avec impatience le prochain Cael-Bouvarel.
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