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Eloge du “choix” d’objet
Depuis que le monde est monde, une question insiste, celle de notre libre-arbitre. Sommes-nous prédestinés, sommes-nous libres de notre destin ? Nous suffit-il de nous penser libres pour l’être un tant soit peu ? J. Monod a fait remarquer que l’amibe est sans doute davantage prisonnière de son génome que l’homme, mais d’aucuns lui répondirent qu’en fait, cette distance relative, chez l’homme, entre son génome et son comportement était… génétiquement programmée ! Raisonnement circulaire par excellence. Une chose est sûre : avec 35000 gènes environ, le génome humain est à peine plus riche que celui d’une mouche, et c’est donc l’épigenèse qui règne en maître absolu ! Autrement dit encore, la génétique n’est plus tant une génétique causale qu’une génétique de vulnérabilité, notre développement se jouant à l’exact entrecroisement de notre part personnelle (et notamment génétique) et de nos effets de rencontre, par essence -et fort heureusement- imprévisibles !
Quand S. Freud parle du “choix” d’objet, il nous permet de comprendre notre hétérosexualité, notre homosexualité ou notre bisexualité comme le fruit de l’interaction entre notre nature et notre histoire, même s’il s’agit d’un “choix” en grande partie inconscient. Quand on nous parle de la détermination génétique de la pédophilie, c’est toute cette dimension d’interaction dialectique qui est subtilisée. Place alors à la prédiction, à l’eugénisme et à la répression, alors que le modèle polyfactoriel ouvre, lui, sur la prévention, l’aide aux plus vulnérables, et le respect des différences. Mais la prévention est beaucoup plus coûteuse et lente que la répression qui peut faire illusion à court terme. Les devins ne sont pas prévenants, et personne ne demande à nos responsables politiques de nous prédire notre avenir. N’est pas Tirésias qui veut, lequel savait annoncer des contenants de pensée structurants, et non pas des contenus symptomatiques contraignants.
À bon écouteur, salut !
Bernard Golse |
Agenda Parutions du mois
Bloc-notes
Notes de lectures
Pourquoi les pulsions de destruction ou de mort ? de André Green par Dominique Bourdin
Le tourment adolescent de Philippe Givre, Anne Tassel (coll.) par Isée Bernateau
Colloques
À quoi rêvent les hommes ? Colloque Gypsy, novembre 2006, Paris par Sylvie Séguret
Actes colloque Didier Anzieu
DIDIER ANZIEU LE MOI-PEAU ET LA PSYCHANALYSE DES LIMITES 1ÈRE PARTIE : PAGES 18-47
LA PENSÉE DE DIDIER ANZIEU par Evelyne Séchaud
L’INTERDIT DU TOUCHER ET LE TRANSFERT PARADOXAL par Catherine Chabert
ESPACE PSYCHIQUE, ESPACE CORPOREL par Daniel Widlöcher
DU MOI-PEAU AUX ENVELOPPES PSYCHIQUES. GENÈSE ET DÉVELOPPEMENT D’UN CONCEPT par René Kaës
LES SIGNIFIANTS FORMELS COMME UN LOINTAIN ÉCHO DU BÉBÉ QUE NOUS AVONS ÉTÉ par Bernard Golse
Hommage à René Angelergues
Le temps qui passe par Alain de Mijolla
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