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Au sommaire du n°91 (juin 2004)

 

   

 

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Vous ne vous en doutiez pas ?

Le récent étalage public des « secrets de famille » où chacun dévoile par la presse ou à la télévision ce que la plupart des initiés connaissaient déjà, vient enfin relativiser cette mode qui, un temps, avait pensé découvrir dans des faits scandaleux soit-disant enfouis au plus profond des inconscients l’explication tant recherchée des troubles psychiques dont souffrent nos contemporains. On vit ainsi de doctes “psy” ne pas hésiter à proposer à leurs patients l’exhumation du cadavre refroidi des turpitudes censées avoir été absolument ignorées d’un aïeul ou d’une grand-mère dont le sujet payait la faute dans l’actuel de sa névrose par la voie de ce “transgénérationnel” dont ils décrivaient les souterraines magies. La “transmission d’inconscient à inconscient”, a connu là ses plus belles heures de gloire, car il était indispensable que rien n’ait filtré de ce “secret” pour que le thérapeute démiurge puisse le faire jaillir de son chapeau interprétatif.

J’ai souvent rappelé à ces auteurs de romans familiaux en prêt-à-penser la sage réflexion de Freud à propos de Dora : “Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret. Celui dont les lèvres se taisent bavarde avec le bout des doigts ; il se trahit par tous les pores. C’est pourquoi la tâche de rendre conscientes les parties les plus dissimulées de l’âme est parfaitement réalisable.”

Soyons un peu simplistes : soit un événement ne laisse aucune trace, nulle part et échappe donc totalement et à jamais à toute fonction historique psychique, soit il a une inscription, approximative le plus souvent, comme trace mnésique dans le psychisme d’une personne-témoin. Dès lors, celle-ci en deviendra l’agent transmetteur potentiel de façon consciente ou préconsciente auprès d’un autre membre de son entourage, source des fantasmes d’identification. Mais c’est plus difficile et long à analyser que le “Bon sang ! mais c’est bien sûr !” qui fait la gloire des sagaces détectives. Moins sordide aussi que les récits hélas véridiques des incestes, suicides ou scandales que les familles préfèrent ignorer consciemment jusqu’à ce qu’un tiers en vienne un jour à les évoquer, voire à en faire de ces best-sellers dont raffolent les librairies des gares.

Vraiment ?.. Vous ne vous en doutiez pas ?...

Alain de Mijolla
Vient de publier Préhistoires de famille (Puf)

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Éditorial

Bloc-notes

Notes de lectures

Psychanalyse des enfants séparés de Jenny Aubry
par Daniel Widlöcher

Le travail du psychothérapeute d’enfant de Annie Anzieu
par Bernard Golse

L’évaluation clinique en psychopathologie de l’enfant de Djaouida Petot
par Sylvain Missonnier

Le monde d’Ali de Ali Magoudi
par Geneviève Delaisi de Parseval

La consultation thérapeutique périnatale de Sylvain Missonnier
par Christelle Bénony

Entretien avec Annie Anzieu
par Alain Braconnier

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