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Suffit-il de bannir le mot “neuropsychanalyse” ?
Comme il est difficile en France de s’entendre,
voire tout simplement de débattre, au-delà des
mots. Il suffit qu’un néologisme ou qu’un angliscisme
(ce qui est pire !) arrive sur le marché des idées
pour que le doute et le soupçon alimentent des présupposés
qui réduisent à néant l’intérêt de la
controverse. Voilà justement que nous arrive de
l’anglophonie le terme de neuropsychanalyse. On
peut suspecter l’intrusion de quelque forme nouvelle
de psychanalyse, une psychanalyse qui partirait de
la prise en compte d’un quelconque “neuro”. On
pense à la neurophilosophie qui a pretendu instaurer
une philosophie construite ou reconstruite à partir
de la physiologie nerveuse ; ambition qui n’est
d’ailleurs pas abandonnée, tant s’en faut, comme si
la connaissance du cerveau permettait de donner
sens aux structures et aux valeurs sociales.
Alors exit la neuropsychanalyse pour ne pas s’engager
dans de mauvaise querelles ? Et après ?
Devons-nous pour autant oublier que des êtres
humains sont privés de capacités cognitives normales
et que rien ne nous autorise à les écarter du champ
de la pratique psychanalytique. Pensons ici aux
enfants handicapés, aux adultes cérébro-lésés, aux
personnes âgées.
Le débat est plus délicat quand il s’agit de confronter
les théories psychanalytiques à des référents anatomo-
physiologiques. On sait les risques que l’on
prend à construire un parallèle entre modèles psychologiques
et modèles cérébraux. Ne confondons
pas les localisations cérébrales avec les topiques
psychanalytiques ni les étiologies organiques avec
les mécanismes psychogènes. Mais surtout évitons
les risques d’un réductionnisme “tout neuronal”
après avoir connu les excès du “tout psychique”.
Neuropsychologie et psychanalyse ont des choses à
se dire : il s’agit de trouver les mots et les concepts
appropriés.
Pr Daniel Widlöcher |
Agenda
Parutions du mois
Bloc-notes
Notes de lectures
Fin du dogme paternel de Michel Tort
par Geneviève Delaisi de Parseval
L’intentionalité de Pierre Jacob
par Sylvain Missonnier
Avicenne l’andalouse de Marie-Rose Moro, I. Moro-Gomez
par Claire Mestre
Colloques
Dans mon berceau... il y a des cactus.
8e Journée de l’Hôpital du Vésinet, 19 novembre 2004.
par Pascale Rossigneux-Delage
L’Hystérie : psychiatrie, anthropologie phénoménologique
et figures artistiques. Paris VII, 4-5 juin 2004.
par Philippe Bessoles
35ème Congrès de la Society for Psychotherapy Research.
Rome, 16-19 juin 2004.
par Frédéric Advenier, Michaël Villamau
Psychothérapie et psychanalyse
coordonné par Daniel Widlöcher
DANIEL WIDLÖCHER
Guide des psychothérapies
ROGER PERRON
Scylla et Charybde
SERGE FRISCH
Les sociétés de psychanalyse devraient-elles former les
psychothérapeutes ?
ANNIE ANZIEU
Sur la formation des psychothérapeutes d’enfants
PIERRE DELION
Psychanalyse et institutions : une question complexe
CHRISTINE ANZIEU-PREMMEREUR
Psychothérapies aux USA
DAVID ISEMAN
Le statut du psychothérapeute et du psychanalyste au Canada
M. DE WOLF
Le point de vue néerlandais
CARMEN MEDICI DE STEINER
Un débat intemporel
Le temps qui passe...
par Alain de Mijolla
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