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Au sommaire du n°98 (avril 2005)

 

   

 

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Suffit-il de bannir le mot “neuropsychanalyse” ?

Comme il est difficile en France de s’entendre, voire tout simplement de débattre, au-delà des mots. Il suffit qu’un néologisme ou qu’un angliscisme (ce qui est pire !) arrive sur le marché des idées pour que le doute et le soupçon alimentent des présupposés qui réduisent à néant l’intérêt de la controverse. Voilà justement que nous arrive de l’anglophonie le terme de neuropsychanalyse. On peut suspecter l’intrusion de quelque forme nouvelle de psychanalyse, une psychanalyse qui partirait de la prise en compte d’un quelconque “neuro”. On pense à la neurophilosophie qui a pretendu instaurer une philosophie construite ou reconstruite à partir de la physiologie nerveuse ; ambition qui n’est d’ailleurs pas abandonnée, tant s’en faut, comme si la connaissance du cerveau permettait de donner sens aux structures et aux valeurs sociales.

Alors exit la neuropsychanalyse pour ne pas s’engager dans de mauvaise querelles ? Et après ? Devons-nous pour autant oublier que des êtres humains sont privés de capacités cognitives normales et que rien ne nous autorise à les écarter du champ de la pratique psychanalytique. Pensons ici aux enfants handicapés, aux adultes cérébro-lésés, aux personnes âgées.

Le débat est plus délicat quand il s’agit de confronter les théories psychanalytiques à des référents anatomo- physiologiques. On sait les risques que l’on prend à construire un parallèle entre modèles psychologiques et modèles cérébraux. Ne confondons pas les localisations cérébrales avec les topiques psychanalytiques ni les étiologies organiques avec les mécanismes psychogènes. Mais surtout évitons les risques d’un réductionnisme “tout neuronal” après avoir connu les excès du “tout psychique”. Neuropsychologie et psychanalyse ont des choses à se dire : il s’agit de trouver les mots et les concepts appropriés.

Pr Daniel Widlöcher

Agenda
Parutions du mois

Bloc-notes

Notes de lectures

Fin du dogme paternel de Michel Tort
par Geneviève Delaisi de Parseval

L’intentionalité de Pierre Jacob
par Sylvain Missonnier

Avicenne l’andalouse de Marie-Rose Moro, I. Moro-Gomez
par Claire Mestre

Colloques

Dans mon berceau... il y a des cactus.
8e Journée de l’Hôpital du Vésinet, 19 novembre 2004.
par Pascale Rossigneux-Delage

L’Hystérie : psychiatrie, anthropologie phénoménologique et figures artistiques. Paris VII, 4-5 juin 2004.
par Philippe Bessoles

35ème Congrès de la Society for Psychotherapy Research.
Rome, 16-19 juin 2004.
par Frédéric Advenier, Michaël Villamau

Psychothérapie et psychanalyse
coordonné par Daniel Widlöcher

DANIEL WIDLÖCHER
Guide des psychothérapies

ROGER PERRON
Scylla et Charybde

SERGE FRISCH
Les sociétés de psychanalyse devraient-elles former les psychothérapeutes ?
ANNIE ANZIEU

Sur la formation des psychothérapeutes d’enfants

PIERRE DELION
Psychanalyse et institutions : une question complexe

CHRISTINE ANZIEU-PREMMEREUR
Psychothérapies aux USA

DAVID ISEMAN
Le statut du psychothérapeute et du psychanalyste au Canada

M. DE WOLF
Le point de vue néerlandais

CARMEN MEDICI DE STEINER
Un débat intemporel

Le temps qui passe... par Alain de Mijolla

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