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SUBJECTIVATION |
EN QUELQUES MOTSAcceptablePour le sujet "suffisamment bon" névrosé, la difficulté se présente autrement. La subjectivation, l'appropriation représentative en symbolique primaire a déjà eu lieu, la difficulté est alors dans la capacité à reconnaître et à rendre acceptable à ce sujet-là sa subjectivité et son appropriation représentative de lui et / ou de son histoire. René Roussillon (Agonie, clivage et symbolisation) AuthentiqueUn travail analytique authentique a pu s'accomplir pour autant que l'analysant réalise, c'est-à-dire saisit, s'approprie en même temps qu'il fait exister ce qu'il a découvert, (re)-trouvé de lui et de sa relation avec l'autre à travers le pouvoir métaphorique du langage s'efforçant sans cesse à ouvrir des brèches dans la clôture où la pensée n'en finit pas de tendre toujours à s'enfermer de nouveau. Raymond Cahn (La fin du divan?) AppropriationLes psychanalystes ont ajouté le sujet au moi...pour rendre compte d'une fonction d'appropriation de sa propre activité psychique par le moi, d'un travail de subjectivation de l'expérience propre... la capacité à dire et penser « c'est moi qui veux, ou ne veux pas, ceci au cela, qui crois que, qui éprouve tel ou tel affect ». Daniel Widlöcher (La psychanalyse en dialogue). CadreLe rôle du cadre, dans une telle perspective, se voit simultanément relativisé et amplifié. N'est-ce pas d'abord et avant tout la manière dont un thérapeute contient et transforme les productions de son patient qui aujourd'hui le désigne ou non comme analyste? Raymond Cahn (La fin du divan?) CréditPour pouvoir un jour se saisir de soi comme sujet, il est nécessaire d'avoir été d'emblée et/ou d'être devenu sujet pour l'autre. C'est là une des formes de la division du sujet: avant d'être sujet pour lui-même il doit avoir été sujet -ou pour le moins sujet potentiel- pour l'autre. Le sujet est là avant d'être là, il ne pourra se définir que comme procès d'appropriation, de reprise, d'un crédit de subjectivation venu de l'autre. René Roussillon (Agonie, clivage et symbolisation) CrêteParadigmatique d’une lignée subjectale (Moi-Je-Soi-Sujet) dont la matrice est la pulsion, l’adolescent nous incite à tirer toutes les conséquences du Wo es war soll ich werden freudien, entre risque d’intempéries psychotiques et transformations de la répétition en création subjective singulière. La subjectivation évite l’impasse mélancolique d’un temps arrêté sur une indistinction insupportable entre haine et amour des premiers objets, sur une ligne de crête entre menace de débordement par l’affect indicible et dynamique de la symbolisation et de la sublimation. François Richard («Temporalité, psychose et mélancolie à l’adolescence», Adolescence n° 50, 2004-4), DémarcationsOn cherche souvent à tracer des lignes de démarcation au sein des pratiques analytiques (la cure psychanalytique à proprement parler, la psychothérapie psychanalytique duelle, le psychodrame analytique, les pratiques groupales et familiales) comme si les variations du dispositif étaient à elles seules susceptibles de rendre compte de ce qui distingue la psychanalyse à proprement parler de ses adaptations. Or il est plus difficile de se représenter les rapports complexes entre processus analytique et dynamique psychothérapique au sein de chacune de ces pratiques analytiques. François Richard ( Le travail du psychanalyste en psychothérapie) Devenir auteurLà où Ça joue, le Je doit devenir auteur du jeu de son inconscient. Steven Wainrib ( Là où Ça joue, Rev. fr. de psychan. Jeu, 2004, 1) DifférenciationLe processus de subjectivation est un processus de différenciation bien davantage qu'un processus d'individuation-séparation. Raymond Cahn ( L'adolescent dans la psychanalyse. L'aventure de la subjectivation) DoubleL'individu, effectivement, même une double existence: en tant qu'il est à lui-même sa propre fin, et en tant que maillon d'une chaîne à laquelle il est assujetti contre sa volonté ou du moins sans l'intervention de celle-ci. Sigmund Freud (Pour introduire le narcissisme) ExisterOn ne peut trop insister sur le fait qu'exister (being) est le début de tout chose, sans quoi faire et subir n'ont aucun sens. Winnicott (La mère ordinairement dévouée ) FonctionLa fonction-sujet, issue du Ça, traverse le narcissisme du Moi... Il faut à cet égard concevoir une fonction Moi-Sujet où la subjectivation subvertit l’instance moïque tout en en constituant le noyau.», François Richard ( Le processus de subjectivation à l’adolescence) FormeLe sujet de la psychanalyse prend forme dans l'espace interprétatif entre l'analyste et l'analysant. Thomas Ogden (Subjects of analysis) ForclosUn sujet ne peut être forclos; il a pu avoir été forclos, il peut se sentir forclos, il ne peut l'être. Une fois récusée la position de forclusion structurale du sujet, s'ouvre la question du délai nécessaire pour que la subjectivation de soi puisse avoir lieu. René Roussillon (Agonie, clivage et symbolisation) InconstanceL'inconstance du Je, désigne le fait (trop peu connu) que le Je et le sentiment du moi, qui d'ordinaire paraissent constants et continus, et trop facilement sont préconçus comme des images fixes, sont en vérité variables, mouvant et discontinus (un peu à l'exemple des images d'un film de cinéma). Nous supportons ces inconstances, certain que nous sommes de toujours retrouver ce moi qui s'éclipse sans cesse et fuit comme une rivière. Mais les psychotiques, qui ne sont sûres de rien, voudraient saisir leur Je dans des pinces Paul Claude Racamier (Cortège conceptuel) InterprétationCelui pour qui l'interprétation essaye de faire sens (en parlant de quelqu'un, des actes de qui elle fait sens) n'est pas non plus, de prime abord, l'analysant visible, en tout cas pas la personne « avant d'entrer en analyse », mais quelqu'un qui est en train de se faire, que le sens proposé par l'interprétation aide à se faire être et qui ne se fait être que dans la mesure où il peut faire sens de ce que l'interprétation lui propose. Cornelius Castoriadis (Le monde morcelé) JeLe Je n'est rien d'autre que le savoir du Je sur le Je... La représentation du monde, oeuvre du Je est donc représentation de la relation présente entre les éléments qui en occupent l'espace, et, conjointement, de la relation présente entre le Je et ces mêmes éléments. Piera Aulagnier (la violence de l'interprétation) JeuLa psychanalyse s'est développée comme une forme très spécialisée du jeu mis au service de la communication avec soi-même et avec les autres... Il serait bon de rappeler constamment à l'analyste non seulement ce qu'il doit à Freud, mais aussi ce que nous devons à cette chose naturelle et universelle, le jeu. D.W. Winnicott (Jeu et réalité) Metteur en scèneÇa joue, car il n'y a ni Moi, ni "sujet de l'inconscient" pour produire le jeu, mais des mouvements pulsionnels et des logiques de l'inconscient guidés par les affects qui les accompagnent. Générant des positions identificatoires, le jeu de l'inconscient produit un effet de subjectivation, le "joueur" se trouvant dans la situation d'un metteur en scène qui adviendrait de son scénario S. Wainrib (Là où Ça joue, Rev. fr. de psychan. Jeu, 2004, 1) MultiplesLes multiples devenirs-sujet engagés dans le temps d'une analyse font également écho aux multiples figures de l'analyste qui sont appelées à jouer sur différents plans de transfert . Sylvie Le Poulichet , (Adolescence n°50, 2004.4 ) NarcisseLa subjectivation est du côté de la vie, l'emportant sur le mortifère de Narcisse. Si le processus de subjectivation passe par le narcissisme, sa route continue sur les chemins de la symbolisation et de la tiercéité, hors de l' absorption par une fascination mortifère du non-être ou d'un collage au désir de l'autre. S. Wainrib (Colloque autour de l'œuvre de R. Cahn) PeauCelle que je nommerai ici la «femme léopard» parce que la peau sensuelle et tachetée de cet animal lui servit imaginairement de seconde peau, était venue demander une cure analytique alors qu’elle avait vingt-cinq ans... Un patient fait souvent une demande d’analyse dans ce moment-là de vie, dans l’idée qu’une cure analytique pourrait l’aider à devenir pleinement l’adulte qu’il est déjà, par une reprise à chaud des difficultés à la fois de l’enfance et de l’adolescence... Cette patiente déploya au cours de son analyse les caractéristiques d’un processus d’adolescence jadis empêché, révélant une hystérie œdipienne flamboyante sur fond de problématique cas-limite et psychosomatique.», François Richard (Le processus de subjectivation à l’adolescence ) PositionQuelle qu' ait été l'évolution de la conception du contre-transfert, elle implique toujours, comme enjeu crucial, la manière dont la manifestation contre-transférentielle peut-être mise au service d'une position analytique "fonctionnelle". Jean-Luc Donnet ( Le divan bien tempéré) PréhistoireNotre préhistoire nous fait bien avant le déliement de la naissance déjà membre d'un couple, sujet d'un groupe, tenus par plus d'un autre comme les serviteurs et les héritiers de "leurs rêves de désirs irréalisés", de leurs refoulements et de leurs renoncements, dans le maillage de leurs discours, de leurs fantasmes et de leurs histoires. De notre préhistoire tramée avant que nous ne naissions, l'inconscient nous aura fait les contemporains, et nous en deviendrons les acteurs dans l'après-coup. René Kaes. (Le groupe et le sujet du groupe.) ProcessusIl n'y a pas d'universaux, pas de transcendants, pas d'Un, de Sujet (ni d'objet) de Raison, il n'y a que des processus, qui peuvent être d'unification, de subjectivation, de rationalisation, mais rien de plus. Ces processus opèrent dans des multiplicités concrètes, c'est la multiplicité qui le véritable élément où quelque chose se passe. G. Deleuze (Magazine littéraire, septembre 1988) RepèresLe sujet cherche et trouve dans le groupe une appartenance identitaire et des repères identificatoires qui le font se reconnaître et être reconnu comme sujet du groupe René Kaes (Le groupe et le sujet du groupe.) RéponseLe processus psychique de subjectivation se nourrit de la prise du sujet-agent pulsionnel dans un rapport signifiant. Cette subjectivation va dépendre en premier chef de la valeur significative de la réponse dans l'autre parental à l'accroche pulsionnelle. Bernard Penot (La passion du sujet entre pulsionnalité et signifiance. Rev. Fr. Psychanalyse, 5, 1999 ) RésultatL'énonciation personnelle, dite « en première personne du singulier », est le résultat d'un travail psychique et n'a rien de spontané, ni de constant, ni peut-être surtout d'homogène. Pour certains états psychotiques ou borderline ainsi que certains troubles mentaux typiques de l'adolescence, plusieurs psychanalystes parlent aujourd'hui de processus de désubjectivation. Daniel Widlöcher (La psychanalyse en dialogue). SymbolesLes symboles aident à nous créer en tant que sujets. Thomas Ogden (Subjects of analysis) TemporalitéAndré Green, lorsque vous dites que l’objet véritable de la psychanalyse est la temporalité et pas la remémoration, vous introduisez quelque chose de révolutionnaire par rapport aux conceptions habituelles... Le «système» ferait mine d’assimiler le nouveau pour mieux le faire disparaître... la prise de conscience n’inscrirait rien, serait pure ouverture à l’actuel, libérée du souci à devoir s’inscrire par rapport au passé et au futur. François Richard (« A. Green, Psychanalyse et temporalité. Entretien avec François Richard », Adolescence n° 5, 2004-4, p. 725.) TravailAnalyste et analysant sont ainsi l'un et l'autre partie prenante dans la structuration du processus transférentiel comme dans le travail de découverte ou de création du sens s'imposant comme la finalité même de ce qui se joue là. Raymond Cahn (La fin du divan ?)
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