Pierre Delion
Lintérêt de Tex Avery et de quelques autres dans la psychopathologie de limage du corps
À Angers les 7 et 8 décembre 2000, l'Association Culturelle en Santé Mentale (1) organisait un congrès intitulé "Corps, psychose et institutions" (2). À cette occasion, Pierre Delion (3), pédopsychiatre et psychanalyste a proposé aux participants un support métaphorique à sa réflexion aussi inédit qu'original.
Dans son insatiable exploration de l'autisme et des psychoses de l'enfant, Delion a en effet rencontré un allié inattendu : Tex Avery. Et pour illustrer la psychopathologie de l'image du corps, les dessins animés de ce génial créateur sont à ses yeux exemplaires. Ici, le verbe « illustrer » prend toute sa force. Avec des extraits patiemment choisis, Delion initie un acte didactique d'une grande efficacité : il actualise en nous le nourrisson et l'enfant puis nous confronte avec humour à la familiarité de l'inquiétante étrangeté des angoisses primitives. Avery et Delion sont bel et bien de mèche pour raviver ces réminiscences archaïques chez le clinicien. La synergie des dessins animés de l'un et du gai savoir de l'autre permettent de ressentir l'intensité des catastrophes autistiques et psychotiques sans se fâcher avec son système défensif : on accepte -pour rire- l'incursion dans les vertiges corporels de l'archaïque.
Le jeu en vaut la chandelle. En (re)visionnant les ouvres d'Avery, à l'issue de la visite de cette cyberexposition éclairante, on trouvera du grain à moudre quel que soit sa clinique. Merci à Pierre Delion d'avoir inauguré cette voie joviale et choisi le site Web de Carnet/PSY pour en médiatiser la fortune.
Sylvain Missonnier