La Revue

American Psychological Association (APA)
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°40 - Page 34 Auteur(s) : Sylvain Missonnier
Article gratuit

www.apa.org

L'APA est la plus importante association américaine de psychologues. Elle regroupe plus de 150 000 professionnels diplomés ou en formation. La visite de son site illustre bien la maturité identitaire de la corporation aux US, ses orientations cliniques, scientifiques et éthiques. Dans le riche dédale proposé à l'internaute, le plan général du site est bien utile (Sitemap). Grace à lui, on déambule allègrement entre les nombreuses informations générales et une myriade de publications, partenaires de l'APA. Un moteur de recherche interne et un concept corridor permettent de cibler la navigation.

En écho à l'Internet dépendance évoqué dans ce numéro, le "cyberpsy" trouvera sur ce site une précieuse pépite dans la sélection d'articles de la revue American Psychologist. Il s'agit de l'étude de R. Kraut et V. Lundmark, Internet Paradox : A Social Technology That Reduces Social Involvement and Psychological Well-Being (http://www.apa.org/journals/amp/amp5391017.html). Ce travail donne lieu actuellement à une vive polémique dans les médias dont M. Alberganti dans Le Monde a témoigné le 2 septembre dernier. Financée par les grands ténors de l'industrie informatique (Apple, AT&T, Intel, Hewlett Packard.), l'équipe de Pittsburgh a étudié l'impact social et psychologique de l'utilisation du Net sur 169 personnes. La comparaison des données recueillies avant et aprés l'arrivée du matériel dans les foyers met l'accent sur une détérioration, statistiquement significative, de la communication intra-familiale et sociale ainsi que du bien-être psychologique (stress, dépressivité).

Seule, une lecture attentive de cette étude permet d'engager un vrai débat que certains médias, en ignorant la distinction entre corrélation et rapport de cause à effet et les limites méthodologiques de ce protocole, ont résumé ainsi : l'utilisation d'Internet provoque la dépression ! Le réseau -pour le meilleur et pour le pire- appartient désormais à notre quotidien. Il est crucial que notre réflexion à son sujet s'ouvre à sa réelle complexité.