La Revue

Le bonheur en famille
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°108 - Page 20-21 Auteur(s) : Danielle Torchin
Article gratuit
Livre concerné
Le bonheur en famille
Psychologie de la vie familiale

L'expérience de la thérapie familiale confère à Pierre Angel un point de vue tout à fait privilégié pour observer justement la famille qui fonctionne comme un tout avec un rôle pour chacun et des règles communes de vie. C'est pourquoi lorsqu'un de ses membres est en souffrance, perte d'un emploi, adolescence difficile, séparation du couple, c'est la cohésion de l'ensemble qui est mise à mal.

Dans cet ouvrage, l'auteur aidé de Christine Schilte, journaliste, décrit à l'aide de vignettes cliniques les différents problèmes qui peuvent se poser au sein d'une famille et les moyens mis en oeuvre par les uns et les autres pour y faire face avec succès ; on parle alors de résilience ou de l'aide d'une thérapie. Il se dégage de ces récits un optimisme fondamental et une confiance dans la famille, seule capable bien souvent de soutenir un de ses membres défaillants. Ce livre contient de nombreux conseils qui permettront aux familles d'utiliser leurs capacités créatives afin de trouver des solutions efficaces à leurs problèmes. "Le principal conseil que je souhaite donner aux familles est simple", affirme Pierre Angel : "N'hésitez pas à dire et à redire à ceux qui vous sont chers que, malgré les manifestations d'humeur, les ennuis de toute nature, votre attachement reste le même, que vous les aimez et les aimerez toujours, qu'ils sont constamment au centre de vos préoccupations". On est loin du célèbre "Famille je vous hais !"

Mais Pierre Angel nous livre d'entrée de jeu la clef de son attachement à la famille, avec l'histoire bouleversante de son père, Juif de Salonique, déporté à Auschwitz qui a perdu 46 membres de sa propre famille dans les camps et en est revenu pour construire une nouvelle vie. "Ce n'était ni de l'indifférence ni de l'inconscience vis-à-vis de ce que ma famille avait enduré, mais il n'y avait pas d'autre solution. Me lamenter, pleurer, me taper la tête contre les murs de chagrin n'aurait rien changé, ils ne seraient pas revenus." Ce à quoi son fils fait écho : "Jamais je ne vis mon père ou ma mère subir le malheur comme une fatalité ou en cultiver le goût. Se battre, oui, pour avancer, trouver des solutions ; se complaire dans le défaitisme, baisser les bras, ruminer le passé, non jamais."