La Revue

Le temps qui passe...
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°107 - Page 42 Auteur(s) : Alain de Mijolla
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Dimanche 25 avril 1886 - Après avoir rédigé, du 12 au 22 avril, son "Rapport sur mon voyage à Paris et à Berlin", Freud s'installe au n° 7 de la Rathausstrasse où il ouvre son cabinet de consultation le 25, jour de Pâques.

Jeudi 8 avril 1915 - En réponse à une lettre de Ferenczi qui lui déclarait le 4 Avril : "Depuis ces dernières semaines, en particulier depuis trois jours que je suis alité, je lis un recueil de lettres de Goethe, et j'ai trouvé une concordance allant jusqu'aux moindres détails entre Goethe et vous-même pour ce qui est de la manière de penser et de travailler, les points d'intérêt, la vision du monde, la sensibilité, si bien que, parfois, j'avais envie de m'exclamer tout haut et prononcer votre nom.", Freud écrit : "Cher Ami, je crois vraiment que c'est trop d'honneur, si bien que je peux à peine m'en réjouir. Je ne me connais aucune ressemblance avec le grand homme cité par vous, et cela non par modestie; je serais assez ami de la vérité, ou disons plutôt : ami de l'objectivité, pour passer outre à cette vertu. Je m'explique une partie de ce que vous ressentez par la nécessaire similitude d'impression quand, par exemple, quelqu'un observe deux peintres maniant pinceau et palette. Cela n'indiquera encore rien sur l'équivalence des tableaux. Une autre partie est probablement née d'une assimilation, provenant d'une sensation personnelle et actuelle. Laissez-moi avouer que je n'ai trouvé en moi qu'une seule qualité de premier ordre, une sorte de courage qui n'est pas déviée par les conventions. Vous faites d'ailleurs partie vous-même des gens productifs et devriez avoir observé sur vous-même le mécanisme de la production, la succession du jeu audacieux de l'imagination et d'une critique réaliste sans concession."

Mardi 3 avril 1962 - Françoise Dolto écrit à Daniel Lagache : "Quand vous êtes revenus d'Édimbourg (XXIIème Congrès International de l'API, août 1961) accablés disiez-vous, d'avoir reçu sur l'aérodrome, c'est-à-dire en dehors de la séance, le programme des exclusives portées contre Laforgue, Hesnard, Lacan et moi-même, j'ai eu pitié de toi et de l'impasse dans laquelle tous tes efforts avaient l'air de te conduire. Je savais que pour Hesnard et Laforgue, des restrictives joueraient avec raison du fait d'horaires et de fréquences en cours de semaine, très insuffisants pour qu'une analyse puisse se dérouler d'une façon assez exemplaire. Pour Lacan, le problème était différent mais encore, semblait-il, un problème de taximètre. Tous trois ne peuvent pas passer pour des gens qui ne sont pas aptes à faire de l'analyse. Mais pour moi, tu le sais, rien de semblable ne joue. Je n'ai pas beaucoup d'analyses didactiques et je ne peux pas donner moins de 50 minutes. Quelles sont donc les raisons qui permettent de soutenir l'exclusive à mon égard ?"