La Revue

Ailleurs, la psychiatrie
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°33 - Page 18 Auteur(s) : Taiëb Ferradji
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Du projet migratoire aux premières expériences professionnelles en exil, de la biologie à l'anthropologie et la psychanalyse, se construit un parcours métissé ou l'ethnopsychiatrie trouve naturellement sa place. Jeune psychiatre, formé a l'école de feu le Professeur Boucebci et exerçant dans la banlieue est d'Alger, des événements aussi dramatiques que brutaux me conduisent à Paris avec, avec comme seul point de chute l'adresse d'un ami coiffeur et celle d'un professeur venu, quelques mois auparavant, donner une conférence dans le service de Boucebci.

La rencontre avec l'équipe d'ethnopsychiatrie de Bobigny (M.R. Moro), dans ces conditions, a pansé la douleur du départ et m'a ouvert la voie d'une technique thérapeutique originale et riche. En effet, soigner les migrants, n'est-ce pas la meilleure façon d'aider mes semblables dont la souffrance, en opposition ou en rupture, s'exprime de façon prévalante dans le fait psychopathologique ? Quel retour possible, de cette expérience, sur l'Algérie, notamment dans la prise en charge du traumatisme est aujourd'hui la question essentielle pour moi.

Un projet de consultation d'ethnopsychiatrie dans le sud des Yvelines, secteur à forte densité de migrants, est la première étape d'un travail transméditerranéen seul à même de concilier notre passé avec notre présent et notre éthique de soins avec nos représentations.