La Revue

Psychanalyse en ligne
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°131 - Page 38 Auteur(s) : Yann Leroux
Article gratuit

www.psychanalyse-en-ligne.org

Mis en ligne depuis avril 2007, psychanalyse en ligne est un portail classique organisé autour de forums, d'un annuaire de liens, d'un agenda, d'une info-lettre, d'un annuaire des psychothérapeutes (40 ? par année), de quelques textes. Quelques icones sociales permettent de faire des liens vers netvibes, wikio ou mister wong, signalant ainsi le virage que prend le site vers le web 2.0. Le forum est organisé de façon très anglo-saxonne autour de thèmes comme Anorexie et boulimie, viols et abus sexuels, homosexualité et bi-sexualité.

En France, Jean-Pierre Bègue est sans doute un des premiers à avoir fait circuler sur la toile un texte sur la psychanalyse en ligne. Il a été critiqué par Lilianne Fainsilber et moi-même. Il y a en effet, pour une pratique en ligne, quelques pré-requis techniques auxquels il faut penser. Avoir un nom de domaine en propre, par exemple, ne garantit nullement la confidentialité des échanges. Mettre des publicités Adsense ou des liens Amazon sont des actes qu'il faut penser au regard des exigences du cadre clinique. Et pour ce qui est d'une psychanalyse en ligne, il est assez évident que le dispositif divan fauteuil n'est pas exportable en ligne. Pour autant, la question du travail clinique qu'il est possible de faire en ligne, par bavardoir, par mail, ou sur un forum, reste ouverte et doit faire l'objet d'échange de travail entre cliniciens. En 2002, Shirley Turkle avait posé la question devant la Sigmund Freud Society (Vienne) : la psychanalyse est elle soluble dans l'Internet ? Ou pour le dire autrement, qu'est-ce que les changements de la culture que les ordinateurs mènent tambour battant disent aux psychanalystes ? Et que peuvent-ils en faire ? Que doivent-ils en faire ? Aux USA, les psychothérapeutes ont été confrontés à la question et se sont organisés en groupe de travail au seuil du nouveau millénaire. Le Online Clinical Study Group a permis à ces psychothérapeutes d'échanger des points de vue et de construire des cadres qui permettent un travail clinique en ligne. On peut ne pas être d'accord avec leurs propositions mais on ne peut que saluer leur capacité à travailler la question.

Il serait souhaitable que les associations de psychanalyse travaillent davantage sur ces questions et que des colloques permettent aux cliniciens de mieux connaître l'Internet et d'échanger sur ce que les mondes numériques permettent tout comme ce qu'ils interdisent.