La Revue

Réaction de protestation au décret au titre de psychothérapeute
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°146 - Page 53 Auteur(s) :
Article gratuit

Cette motion a été initiée par le Pr Albert Ciccone (Université Lyon 2)

Nous, enseignants-chercheurs en psychologie, psychologues, psychologues maîtres de stages et/ou chargés de cours, étudiants en psychologie, signataires de cette motion tenons à faire savoir notre indignation à la lecture du décret relatif à l’usage du titre de psychothérapeute.

Nous rappelons que les psychologues des filières psychopathologie et psychologie clinique ont bénéficié d’une formation de haut niveau en psychopathologie - articulant enseignements, stages et travaux de recherche - indispensable à l’exercice de leur profession. Leur pratique quotidienne contient la prise en compte de la psychopathologie, de la souffrance psychique dans ses diverses formes d’expression.

Les psychologues assurent, avec leurs collègues psychiatres, le travail de psychothérapie dans les services hospitaliers, les centres de soin du secteur public ou associatif, dans les cliniques et cabinets libéraux. Les psychologues, comme les psychiatres, qui consacrent tout ou partie de leur activité à la psychothérapie se soumettent, en outre, à des formations exigeantes, qui impliquent pendant de longues années un travail sur soi rigoureux et des supervisions intensives par des pairs confirmés.

Il est non seulement aberrant, mais injurieux pour ces professionnels de leur demander (s’ils souhaitent user du titre de psychothérapeute) une formation supplémentaire en psychopathologie. C’est méconnaître totalement leur pratique et la réalité de leur cursus universitaire. Tout ceux qui participent à l’enseignement et à la formation des psychologues sont, de même, insultés, et s’insurgent contre une demande qui nie les fondements mêmes de leur enseignement.
Nous demandons fermement :
- l’abrogation de ces dispositions inadmissibles du décret ;
- une concertation pour envisager la rédaction d’un texte, remplaçant les dispositionsabrogées, qui soit respectueux des professionnels et des enseignants, et qui tienne compte de la réalité des pratiques. Ce texte ne pourra en aucune manière demander aux psychologues des filières psychopathologie et psychologie clinique, comme aux psychiatres, une formation complémentaire en psychopathologie.
Cette motion est soutenue par* :
- le Centre de Recherches en Psychopathologie et Psychologie Clinique de l’université Lyon 2 ;
- le Laboratoire de Psychologie Clinique et Psychopathologie de l’université Paris 5
- le Laboratoire de Psychanalyse et Psychopathologie Clinique de l’université de Provence ;
- le Centre de Recherches « Psychanalyse, Médecine et Société » de l’université Paris 7 ;
- le Centre d’Études en Psychopathologie et Psychanalyse de l’université Paris 7
- le Département de Psychologie Clinique, le Département « Formation en Situation Professionnelle », et l’ensemble de l’Institut de Psychologie de l’université Lyon 2
- le Département de Psychologie Clinique de l’université de Provence ;
- le Département de Sciences Humaines et Sociales de l’Université Catholique de Lyon
- l’École de Psychologues Praticiens (EPP) de Paris et Lyon ;
- le Syndicat National des Psychologues (SNP) ;
- la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP) ;
- le Séminaire Interuniversitaire Européen d’Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse (SIUEERPP) ;
- la Société Française de Psychologie (SFP) ; l’Association des Enseignants-chercheurs de Psychologie des Universités (AEPU) ;
- le Mouvement « Sauvons la Clinique » ;
- le Collège des Psychologues du CHU de Saint-Étienne ;
- le Collège des Psychologues du CHS Le Vinatier à Lyon ;
- le Collectif des Psychologues du CHS Saint-Jean de Dieu à Lyon ;
- l’Association de Psychologie Clinique en Milieu Médical (APCMM), à Lyon
- la Coordination Intersyndicale et Professionnelle des Psychologues de la Région Lyonnaise (CIPPREL) ;
- le Collège des Psychologues du CHG du Mont d’Or à Albigny sur Saône ;
- le Collège des Psychologues de l’Hôpital Saint-Joseph à Marseille ;
- le Collectif de Psychologues du Nord Ardèche (NARCOPSY) ;
- le Collectif des Psychologues du Centre Psychothérapique du Nord Dauphiné, à Bourgoin-Jallieu ;
- le Collège des Psychologues du CHS de Privas ;
- le Collège des Psychologues du Centre Hospitalier de Béziers ;
- le Collège Régional Poitou-Charentes des Psychologues de la Fonction Publique Hospitalière ;
- le Collège de Psychologie et des Psychologues du Centre Hospitalier de Charles Perrens, à Bordeaux ;
- le Collège des Psychologues Territoriaux du Département du Nord
- l’Association des Psychologues de la Région Centre (APREC-SFP)
- le Collectif des Psychologues du Bassin de Thau
- le Collège des Psychologues du CHRU de Montpellier
- le 11ème Secteur de Pédopsychiatrie de Paris
- l’Unité de Psychologie Clinique du Centre Hospitalier Sud Francilien
- l’Unité de Psychologie du Centre Hospitalier Général de Chaumont
- le Service d’Accueil Familial Thérapeutique Pierre Chevaldonné d’Orléans
- le Centre Ressource pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles, Rhône-Alpes (CRIAVS-RA) ;
- l’Association et Réseau « Pratiques Sociales » ;
- l’Association Échange, Liaison, Information des Psychologues de Savoie (ELIPS)
- le Réseau Participatif « Psyliens.fr » ;
- l’Association SLP-Société Lorraine de Psychologie ;
- l’Institut Leschi, à Marseille ;
- l’Association « Le Creuset Familial » à Metz (Consultations et Formation à l’Approche Systémique et à la Thérapie Familiale) ;
- l’Association des Anciens Élèves de Psycho-Prat (AEPP) ;
- l’École des Parents et des Éducateurs du Rhône.

* Si vous appartenez à un laboratoire, un département de psychologie, une association, une société, un groupement, un collectif de psychologues, un établissement, un service de soin, une structure hospitalière, une institution… qui souhaite soutenir cette motion, adressez un mail à contact@motion-petition-decret-psychotherapie.org, son nom sera ajouté à cette liste.