La Revue

Onfray, suites
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°147 - Page 46 Auteur(s) : Christian Robineau
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Circulait cet été sur le web une curieuse lettre ouverte adressée aux responsables de France-Culture. La station diffusait, du 26 juillet au 27 août, les vingt-cinq heures de conférence données en 2009-2010 par Michel Onfray, en son Université populaire de Caen, sur le Grand Méchant Sigmund. Les signataires estimaient indu le privilège ainsi accordé pour le septième été consécutif à l’auteur du Crépuscule d’une idole, compte tenu de la moindre diffusion dont bénéficient sur la même antenne des travaux qui ne reposent pas, eux, sur « l’approximation grossière, l’affabulation, l’erreur ou la rumeur ». Ils demandaient donc que, « dans les conditions réglementaires en vigueur, il soit mis fin à un contrat qui lie ainsi la radio publique à Michel Onfray », afin que l’antenne soit « de nouveau disponible à une diversité des véritables voix philosophiques » (http://www.ipetitions.com/petition/nonaonfraysurfranceculture/).
Curieuse, cette pétition l’était doublement. D’une part, il fallait fouiner un peu pour découvrir l’identité des premiers signataires, malicieusement dissimulée sous l’intitulé « Un collectif de psychanalystes et d’enseignants » (ah ! O. Douville, J. J. Moscovitz, H. Roudier, quels farceurs !). Ph. Grauer, sur le site du CIFP (page actualisée depuis), soupçonna même un temps quelque piège de séides onfrayens, poussant les analystes à soutenir une censure afin de pouvoir les montrer du doigt ensuite. Même si, de piège, il n’y avait point, la dénonciation ne s’est pas fait attendre (« Un Maccartisme anti-Onfray », www.lepoint.fr). Deuxième curiosité : l’entreprise elle-même. Appel à la censure ? Terme un peu exagéré pour qualifier la protestation d’auditeurs qui souhaitaient voir rééquilibrée la ligne éditoriale d’une radio dont ils sont, après tout, copropriétaires (par le paiement de la redevance). Ambiguïté ? Sans doute. Maladresse ? Assurément, au vu du genre d’interprétation que ne pouvait manquer de susciter la démarche (voir ci-dessus).
On peut ainsi préférer une réponse privilégiant l’argumentation et piocher par exemple dans les deux cents et quelque textes– du pire au meilleur – réunis par E. Fleury (http://efleury.fr/OnfraymarteleFreud/au-jour-le-jour/), ou dans l’ouvrage d’E. Jalley (Anti-Onfray 1, L’Harmattan, 2010) qui, malgré une syntaxe parfois très approximative (à quand une pétition demandant à L’Harmattan d’embaucher un correcteur ?), souffle joyeusement sur le château de cartes onfrayen.