La Revue

Hommage à Jean Ayme
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°154 - Page 50 Auteur(s) : Eric Boissicat
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Mon maître Jean Ayme était un bel homme. Il nous a quittés dans la plus grande discrétion, sans doute à sa demande, lui qui est toujours resté fidèle à ses engagements, il y a quelques semaines, le 31 mars et a été incinéré quelques jours plus tard. J’avais été interne puis assistant dans son service et m’honore de l’avoir formé à l’utilisation du Mac, enseignement minime par rapport à ce que lui m’a appris. Je l’ai googolisé et n’ai pas trouvé grand-chose, excepté des liens pointant sur des sites à propos de son ouvrage, Chroniques de la psychiatrie publique à travers l’histoire d’un syndicat, indispensable à tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de notre spécialité hospitalière.
Mais cette recherche n’a pas été vaine, puisque j’ai pu réentendre sa voix sur un site dédié à Lucien Bonnafé dont le titre est : « Lucien Bonnafé > Écoutes et échos autour du désaliénisme et de “la psychiatrie de ruines” » et qui se définit comme un lieu où l’on parle de « psychiatrie, avec les mots du résistant, les mots de l’agitateur poétique et ceux du clinicien que fut Lucien Bonnafé ». On y trouve des vignettes multiples, des paroles, des textes et surtout des interviews qui nous permettent d’écouter et de réécouter les témoins de son histoire, ceux qui ont, à un moment ou un autre, croisé sa route dont, non seulement Jean Ayme, mais aussi, Bailly Salin, Baillon, Noël et bien d’autres inspirés de son engagement pour la psychiatrie de secteur, issue en partie de son expérience du surréalisme.
Certes, ce site semble figé et ne pas évoluer, mais il n’en reste pas moins que les pépites qu’il contient nous permettent de replonger dans une époque héroïque, au service des patients dont il serait bon de s’inspirer aujourd’hui.