La Revue

Hommage à Michel Soulé : Le sens de la fête
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°161 - Page 22-23 Auteur(s) : Didier David
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Quatre fêtes surnagent dans ma mémoire : la première où Michel Soulé déguisé en curé recevait un couple improbable qui venait lui parler de son désir d'enfant et de ses embryons congelés à la banque de sperme. La deuxième où il campait le Docteur Cottard dans une soirée Proust, prêt à remettre la mâchoire luxée de la cantatrice qui égrenait des mélodies de Duparc et Fauré. La troisième où il recevait en médecin Mamamouchi dans une soirée orientale digne des Mille et une nuits un jeune couple n'ayant pas encore consommé auquel il devait annoncer après échographie un début de grossesse. La quatrième enfin où il trônait en Zeus, parmi les dieux de l'Olympe dans un opéra baroque à la française en cinq actes avec ballet. Il incarnait le Roi Soleil qui dominait le 14 ème arrondissement face aux puissances du 13ème ou de la Fondation Vallée. Il aimait la fête, amuser et s'amuser. Il aimait la musique, l'opéra et surtout l'opérette, une des opérettes dont nous avions parlé ensemble a pour titre Là haut. Il avait une vision du ciel avec Dieu et les anges autour, où on s'embête ferme, espérons que, là haut, il a trouvé la musique qu'il aime !