La Revue

Michel Soulé et le groupe de paroles Mères-Bébés
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°161 - Page 29 Auteur(s) : Martine Vermillard
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Il y a longtemps déjà, nouvellement arrivées au centre de PMI, des idées de changements plein la tête, nous avons été rapidement débordées par le flot de confidences des familles et le constat de l’influence des inégalités sociales sur le développement des enfants. Après maintes hésitations, nous sommes allées demander de l’aide aux « psy » du centre de guidance.

Première rencontre avec Monsieur Soulé. Il s’est montré très intéressé et nous a écoutées. Avec son pragmatisme, il a cerné les problématiques et a proposé des solutions tout en canalisant l’énergie débordante des puéricultrices que nous étions, afin de nous recentrer sur  nos missions et nos compétences,  à savoir : le jeune enfant.

C’est ainsi qu’ont été créés, un groupe de paroles Mères-Bébés, et un atelier pour tout petit. Tout naturellement d’un projet à l’autre, nous avons cheminé aux côtés de Monsieur Soulé. Il a toujours reconnu nos spécificités de puéricultrice en se détachant d’un corporatisme, accordant surtout de la valeur à notre sens clinique. Monsieur Soulé « Grand Patron » ne s’est jamais départi de son dynamisme et d’une force de travail exceptionnelle qui nous ont servi d’exemple. Nous trouvions alors l’énergie pour répondre à ses attentes, tout en sachant que  les mots « fatigue », « manque de temps » étaient bannis de son vocabulaire. Nous avons pressenti l’immense chance de travailler avec lui. Cela a renforcé notre engagement dans notre pratique sur le terrain mais surtout un dépassement de soi dans ce travail d’analyse et d’écriture autour de nos pratiques. Le sens de la convivialité faisait partie de ses qualités, ainsi, les temps d’élaboration théorique auxquels nous participions, étaient ponctués de moments de récréation où Monsieur Soulé, devenu conteur, le regard pétillant, nous entraînait avec délice dans le monde de la musique, de la littérature, des voyages, de l’Italie, avec ses blagues pour nous amuser et le fondant au chocolat pour nous  réconforter.

En décembre dernier, il nous a accueillies mes compagnes et moi, avec un enthousiasme particulier, il avait rédigé le synopsis d’un nouveau livre et n’a pas manqué de nous distribuer à chacune un chapitre à traiter. Je tenais à vous remercier, Monsieur Soulé,  pour votre générosité, votre courage que la maladie n’a pas atteint et pour votre démarche totalement axée sur la transmission. Je suis bien consciente que je vous dois beaucoup et que vous m’avez donné une belle leçon de vie.