La Revue

Michel Soulé à Lens
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°161 - Page 29-30 Auteur(s) : Catherine Dupuis, Brigitte Maerten Lesot, Pierre Schmidt, Claude Tabet
Article gratuit

« Montrez que de grandes choses peuvent sortir d'une ville de province comme Lens !». Telle était la recommandation que nous faisait Michel Soulé, nous encourageant à réaliser la recherche qui lui tenait tant à cœur au sujet de la maltraitance à fœtus, il y a maintenant quelques années. Lens, sa ville natale, d'où il souhaitait qu'un travail « remarquable » contribue à entretenir l'intérêt pour le fœtus, comme objet d'attention et de recherches fondamentales à ses yeux qui le conduisait jusqu’aux ados casseurs et cassés. C'est à Lens qu'eut lieu sa dernière journée scientifique qu’il donna au sujet du fœtus et son placenta, dans une salle pleine à craquer. « La passion des origines », a été sa motivation première et incessante. Présidant cette journée du 30 avril 2010, présent à la table d'honneur toute la journée  malgré une fatigue évidente, il a comme a son habitude blagué et entrainé la salle dans plusieurs épisodes de rires incoercibles ! Michel Soulé, particulièrement généreux et brillant, nous parlait de la vie fœtale à partir de l'évocation de sa propre naissance. Entre traces inconscientes et reconstructions, il rendait vivante la réalité psychique d'un être en devenir, le fœtus, qu'il tenait en très haute estime jusqu'à considérer « La vie entière, comme après-coup » de l'expérience fœto-placentaire.

Avec l’entêtement d’un maître exigeant et la gentillesse d’un hôte délicat, il savait nous faire travailler et nous encourager toujours plus avant sur les sentiers ardus de la recherche et de l’écriture. Michel Soulé nous offre son acuité clinique, son regard novateur et original, la richesse de son incessante élaboration et créativité. Dans chacune des rencontres de travail qu'il nous proposait pour nous soutenir, c'est sa générosité, sa bienveillance exigeante et son intelligence visionnaire qui chaque fois nous impressionnaient. Nos questions, nos hésitations et parfois même notre découragement étaient accueillis et transformés pour mieux nous permettre de repartir imprégnés d'une énergie créatrice.  Monsieur Soulé exigeant, généreux et pétri d’humour dans toutes les circonstances, nous avons eu la chance de vous rencontrer. Merci de ce parcours qui nous a amenés de la rue de l’Estrapade au congrès de Lugano, à la première journée scientifique lensoise de psychiatrie fœtale, à la Fédération de Recherche, à Devenir … Vous nous manquez.