La Revue

Hommage à Michel Soulé : Notre rencontre était totalement improbable
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°161 - Page 30 Auteur(s) : Marie Rat
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Tout ce qui concernait la psychiatrie et la pédopsychiatrie m’était totalement étranger. Puis 10 années se sont écoulées. 10 années d’une étroite collaboration d’où est née une sincère et profonde amitié, 10 années durant lesquelles Michel Soulé a toujours su  m’associer totalement à tous ses travaux. Je lui dois beaucoup et tous les projets sur lesquels je travaille aujourd’hui n’auraient pu voir le jour sans cette transmission qui lui était si chère. Que dire des journées scientifiques ? Au nombre de 36, elles ont donné naissance au terme générique de Journées Soulé. J’ai collaboré à l’organisation des 7 d’entre elles. Elles mobilisaient notre énergie à tous les deux, au moins 1 an à l’avance. Chaque étape avait son importance. Mais deux d’entre elles m’ont plus particulièrement marquée :
La première, la préparation du plan de table du déjeuner, à la Maison de la Chimie. C’est dans ce rituel que Michel Soulé retrouvait son âme d’enfant. « Qui asseoir à côté de qui ? ». Question fondamentale qui donnait toujours lieu à une valse de noms et à un retour sur une foule d’anecdotes qui lui faisaient conclure que : « Décidément, non… il est impossible qu’Untel soit assis à côté d’Unetel ». Fous rires garantis pour lesquels il n’avait pas eu de mal à trouver son public. La deuxième étape était celle du soir, lors de la réception qu’il donnait rue de l’Estrapade (avec son magnifique jardin) et que personne n’aurait ratée pour rien au monde. Après une journée très riche mais tout de même assez exténuante, vers minuit, alors que les invités commençaient à partir, Michel Soulé m’interpellait toujours, l’œil frisant, en me disant : « Marie, j’ai trouvé le titre de la prochaine journée scientifique…On en reparle lundi matin ? ». Ce à quoi je lui répondais : « Peut-être ne viendrai-je pas travailler lundi matin, je souhaiterais récupérer un peu »    Il me lançait alors, un grand sourire accroché au visage : « Mais qu’ont donc toutes ces personnes à vouloir se reposer… Est-ce que je me repose moi ? Le souvenir de son indéfectible sens de l’humour restera omniprésent dans ma mémoire. Merci, Cher Professeur.