La Revue

Les Cahiers de psychologie politique
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°163 - Page 54 Auteur(s) : Christian Robineau
Article gratuit

Le quinquennat qui vient de s’achever aura vu nombre de psys prendre des positions publiques ou s’engager politiquement (ce en un sens large ou restreint du terme). Parfois pour le pire (on pense à ces pauvres tentatives visant à allonger sur un divan imaginaire tel ou tel responsable afin d’asséner à son sujet des interprétations dont l’arbitraire le disputait au méthodologiquement grotesque), mais aussi pour le meilleur : ainsi de ces engagements non étroitement partisans mais qui appelaient, en actes, à une réflexion sur la manière selon laquelle les décisions se prennent dans la cité, sur la place que les citoyens, la folie ou la pensée peuvent occuper dans celle-ci, ou sur la fonction de la parole publique, tantôt soumise à l’idéologie du moment, tantôt résistante.

Pourtant, si la comme le politique peuvent inspirer des travaux importants (C. Castoriadis, E. Enriquez, J. Ménéchal, R. Gori et quelques autres), ils sont loin de constituer pour les psys des objets d’étude privilégiés. Une lacune que tentent de combler, depuis dix ans, Les C@hiers de psychologie politique. Revue animée par Alexandre Dorna, professeur de psychologie sociale et politique à l’université de Caen et président de l’Association française de psychologie politique, elle affiche l’ambition de « brasser nos frontières géographiques et disciplinaires ». D’où sa diffusion (gratuite) uniquement en ligne, son comité scientifique international et multiculturel, et ses sommaires bigarrés, aux textes majoritairement en français mais aussi parfois en espagnol, portugais ou anglais, tentant de faire se croiser science politique, sociologie, psychologie clinique, sociale ou expérimentale et psychanalyse.

L’exercice pluridisciplinaire ne va bien sûr pas sans difficultés - notamment épistémologiques - et les contours d’un objet spécifique à la psychologie politique n’apparaissent pas toujours des plus distincts. La vingtaine de numéros parus depuis 2002 offre néanmoins des chantiers stimulants : par exemple L’évaluation de la production scientifique, Europe et identité, Discours et propagande, Conversions (en un sens plus religieux qu’hystérique…), Les nouvelles idéologies, ou encore une approche critique renouvelée de la notion d’« inconscient collectif ».
Bref, de quoi alimenter la réflexion - et l’action - politiques pour au moins un quinquennat.