La Revue

Le site du mois "Oedipe le Salon"
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°167 - Page 58 Auteur(s) : Christian Robineau
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La tradition bien française des salons littéraires, qui remonte au moins au XVIIe siècle, possède une histoire des plus riches : l’un de ces salons, sous la protection de Richelieu, donna naissance à l’Académie française, un autre abrita les prémisses de L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, certains soufflèrent sur les braises de la Révolution, beaucoup firent se côtoyer philosophie, sciences et littérature.

Depuis une vingtaine d’années, l’association « Œdipe le Salon » – regroupant des artistes et des analystes d’orientations diverses mais se retrouvant pour la plupart dans ce que l’on nommera, faute de mieux, un « lacanisme ouvert » – fait vivre cette tradition de manière originale. Chaque mois, un analyste vient présenter l’un de ses ouvrages et échanger avec le public. Si la préoccupation pour l’écriture de l’analyse est ici fondamentale, elle s’étend plus largement à toutes les manières d’écrire l’humain, notamment  romanesques ou poétiques. Et puisque, si l’on ose dire, dans ce salon les arts sont ménagés, une exposition (peinture, sculpture, photo) fournit à chaque fois un contrepoint (représentations de mot, représentations de chose) à une écriture qui, elle aussi, s’expose. Parfois, les invités du Salon s’en vont faire un tour au jardin : une journée de travail à Venise autour de la Divine Comédie, une autre à Alcala de Henarès pour parler de Don Quichotte, ou encore à Istambul pour réfléchir en français et en turc à « L’écriture du divan ». L’association organise également des « portes ouvertes » autour des artistes invités, décerne chaque année un prix à l’un des auteurs qui ont présenté leur livre, et a publié elle-même plusieurs volumes. Outre des textes présentant ou discutant de multiples ouvrages, le site propose photos et vidéos témoignant d’une résistance sensible et profonde à la régression quantitativiste qui tend aujourd’hui à gangréner le souci du psychique. Il est ainsi possible d’assister aux débats et visiter les expositions sans sortir de chez soi. Mais si vous voulez bien passer au Salon…