La Revue

La main à l’oreille
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°200 - Page 58 Auteur(s) : Christian Robineau
Article gratuit

http://lamainaloreille.wordpress.com

À jeter un coup d’œil aux sites de moult associations de parents de personnes autistes, il n’est pas rare que le chroniqueur webien, au choix, reste bouche bée, grince des dents, ait le cœur au bord des lèvres ou les bras qui lui en tombent. Le ton polémique, voire guerrier, qui souvent se trouve employé dans ces lieux ne laisse en effet pas d’étonner, témoignant rituellement de ce qui ressemble à une irrépressible envie de tordre le coup, caresser les côtes ou faire passer les amygdales par les narines à ces vieilles barbes qui s’avèrent autant de têtes de Turc : mesdames psychanalyse et psychiatrie.

Aussi est-il agréable de donner ici un petit coup de pouce à un blog qui pratique un peu moins la langue de bois et qui, non dénué d’un œil critique, autorise à voir plus loin que le bout de son nez : j’ai nommé La main à l’oreille. Association « créée par des parents et amis de personnes autistes, avec pour objectif de promouvoir une approche qui prenne en compte leur subjectivité et accueille leurs inventions », elle avance main dans la main, au sein du Rassemblement pour une approche des autismes humaniste et plurielle (RAAHP, voir https://blogs.mediapart.fr/le-raahp) avec plusieurs autres associations (de parents et de professionnels) se serrant les coudes pour défendre une approche pluraliste du traitement de l’autisme. Comme l’écrit la présidente, Mireille Battut, « nul enfant ne souhaiterait avoir pour parent un protocole scientifiquement validé ». Pourtant, aucune intention ici de tomber à bras raccourcis sur certaines méthodes  en les accusant d’avoir le cœur où la poule a l’œuf. On trouvera plutôt développé le souci de favoriser des parcours singuliers, intégrant les dimensions thérapeutique, éducative et pédagogique, malgré les discontinuités de prise en charge générées trop fréquemment par une carence en places institutionnelles que ne comblera pas le troisième plan autisme (à propos duquel La main à l’oreille a – bien légitimement – la dent dure).

Laissons le chroniqueur webien clore en ce point une présentation qui a fini par prendre corps. Souffrant déjà d’avoir l’estomac dans les talons, il souhaiterait en effet prendre ses jambes à son cou sans risquer de se sentir en plus l’encéphale aux pattes.

Christian Robineau
chris.robineau@free.fr