La Revue

Secret professionnel et travail social
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°213 - Page 50 Auteur(s) :
Article gratuit

http://secretpro.fr

Comme l’écrivait Piera Aulagnier, « Se préserver le droit et la possibilité de créer des pensées, et plus simplement de penser, exige que l’on s’arroge celui de choisir les pensées que l’on communique et celles que l’on garde secrètes ; c’est là une condition vitale pour le fonctionnement du Je1 . » Du Je, sans aucun doute. Des institutions de soin et de travail social, c’est selon... À déambuler dans les allées profuses et buissonnantes de secretpro.fr, le visiteur peinera sans doute, en effet, à identifier en trois clics et demi quelques repères simples lui permettant de savoir sans trop risquer le faux pas dans quelles conditions il peut - ou doit - transmettre une information et dans quelles autres il ferait mieux de tenir sa langue, ainsi que de circonscrire le contenu de ce qu’il peut/doit révéler ou taire.

Pour nous aider à survivre néanmoins dans la jungle juridique et à déterminer des conduites à tenir en fonction de notre profession, de notre cadre d’exercice et des problèmes auxquels nous sommes confrontés, le site de Laurent Puech (ancien président de l’Association nationale des assistants de service social, formateur, épaulé ici par un autre assistant social et deux juristes) nous propose une série d’outils fort bien pensés : guides pour les situations d’urgence (par exemple une convocation par la police en vue d’un témoignage), législation commentée, fiches permettant de clarifier de multiples questions, blogs analysant l’actualité de la thématique et que l’on peut retrouver à partir de la page Facebook secretpro.fr, etc.

Le droit, en matière de secret professionnel et de partage d’information, s’avère parfois complexe et, en tout cas, si mal connu des professionnels que les rédacteurs du site n’ont guère de difficulté à malicieusement faire voler en éclats nombre d’idées reçues (ils vont même jusqu’à rectifier les erreurs propagées par le très officiel site Service-public.fr, c’est dire...). Parmi d’autres, deux utiles mises au point dont il vaut la peine d’aller consulter la démonstration sur le site : les psychologues exerçant en libéral ne sont pas légalement tenus au secret professionnel ; le secret médical n’existe pas. Indubitablement, des informations à partager.

Christian Robineau
chris.robineau@free.fr

1. Piera Castoriadis-Aulagnier, « Le droit au secret : condition pour pouvoir penser », Nouvelle Revue de psychanalyse, automne 1976, n° 14, p. 142.