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Cercle de réflexion et de proposition d'actions sur la psychiatrie : https://psychiatrie.crpa.asso.fr
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°228 - Page 62 Auteur(s) : Christian Robineau
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https://psychiatrie.crpa.asso.fr

Sur le point de commencer la rédaction d’un nouveau billet, souvent le chroniqueur « webien » frétille. Autant que son devoir impérieux de leur offrir en toute occasion une information impartiale, fiable et recoupée, le fol espoir d’agiter un peu les zygomatiques des « carnetpsyen(ne)s » l’anime. Or, allez savoir pourquoi, au bord d’évoquer les hospitalisations psychiatriques abusives et/ou illégales, pas le moindre petit début de frétillement rigolard.

Il faut dire aussi que les informations proposées par le site du CRPA n’invitent qu’assez modérément à la franche poilade. Le CRPA se définit comme « une association de philosophie antipsychiatrique composée pour l’essentiel de personnes ayant connu la psychiatrie en tant que patients. (Son) thème principal est la question de l’abus et de l’arbitraire en psychiatrie ». Avouez que l’on a vu plus bidonnant. Quant au site, il s’agit d’« une base de données juridiques et informatives, destinée à des usagers, des proches ou des professionnels, qui sont, ou ont été, aux prises avec des pratiques psychiatriques illégales ou abusives ». On ne vous en voudra certes pas de ne pas vous tordre de rire en apprenant par exemple qu’en 2018, sur 323 000 patients hospitalisés à temps plein en psychiatrie, 82 000 l’ont été sans leur consentement. Et que, concernant ces derniers, les saisines du juge des libertés et de la détention ont abouti à 9,1 % de mainlevées de la décision (autrement dit un arrêt de l’hospitalisation) dans le cadre du contrôle obligatoire, 14 % lorsque la saisine était effectuée à la demande d’un patient ou d’une personne agissant dans l’intérêt de celui-ci et 23,7 % dans les cas de désaccord entre psychiatres et préfet.

Si de telles proportions n’incitent guère à se fendre la pipe, elles justifient pleinement que l’on s’interroge sur les procédures conduisant aux soins sous contrainte (au demeurant parfaitement justifiés dans certains cas) et que l’on fournisse aux patients les moyens de connaître et faire respecter leurs droits. Les professionnels, quant à eux, ne trouveront pas sur le site du CRPA ce vieux dessin de Gotlib où un « fou » dit à un autre « accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle », mais plutôt des outils leur permettant tout simplement de mieux faire leur travail. J’en ris déjà.
 

Christian Robineau
chris.robineau@free.fr