Colloques Carnet/Psy : Père ou Mère ?

Père ou Mère ?

Entre bisexualité psychique et différence des sexes

Du 07/11/2015 au 07/11/2015

(Faculté de Médecine – Amphi Binet) 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris


Présentation du colloque

Père ou mère ? Entre bisexualité psychique et différence des sexes

Faut-il choisir ? Entre le père et la mère, faut-il toujours privilégier l'un plutôt que l'autre, faut-il abandonner l'un au bénéfice de l'autre ? Faut-il encore se laisser prendre par la question vive posée à l'enfant, dans sa maladresse brutale : "Qui préfères-tu, ton père ou ta mère ? Qui aimes-tu le plus, elle ou lui ?" Être nécessairement du côté de l'un ou de l'autre ? Comme si, hors de la grande dramaturgie œdipienne, il n'y avait pas de lieu possible pour rassembler le père et la mère, comme si la pensée de leur co-existence se révélait intolérable, du fait de la douleur qu'inflige la reconnaissance de leur vie commune, de leurs liens, de leurs désirs : être avec l'un ou avec l'autre revient à les séparer, et donc à éviter de les voir ou de les penser ensemble lorsque l'attente se confond avec la solitude et que celle-ci bascule dans la détresse.

Au fondement de la psyché, la différence des sexes, dans son intimité la plus absolue, appelle une logique qui affirme, au-delà de l’altérité, l’existence d’objets internes pris dans les réseaux de la chose sexuelle. La bisexualité, cette immense construction freudienne, est toujours aussi vivace et ne bascule que par « bien plus » de l’un ou de l’autre, elle ne signifie pas la confusion des sexes, elle signale l’existence des deux, masculin/féminin et leurs configurations à la fois singulières et plurielles. Sans préjuger des choix de la vie amoureuse, elle souligne la double référence, au masculin et au féminin, au père et à la mère. La différence n’est pas seulement et toujours dénoncée par la haine, par la tyrannie du même et du reflet : la reconnaître permet d’aller chercher ailleurs ce que l’un n’a pas donné mais qu’un autre peut offrir, parce qu’elle admet l’écart et la déception, parce qu’elle combat les excès délétères de l’idéalisation. Tout ne peut pas être dit, tout ne peut pas être entendu dès lors que la différence est admise. Ce qui, de l’autre, reste mystérieux et insaisissable provoque l’attraction et excite le désir : voilà ce que la clinique de la psychanalyse continue toujours de montrer.