Carnet/Psy n° 120 : Clnique des techniques de l'information et de la communication. Des souris, des écrans et des hommes (1ère partie)

Paru le 2007-09-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Ado à fleur de peau
L'empreinte familiale
La figurabilité psychique

À PROPOS DE

DOSSIERS

Des souris, des écrans et des hommes (1). Pour une psychopathologie psychanalytique du virtuel quotidien
Des souris, des écrans et des hommes (1). Pourquoi tant d'écrans ? La fascination du virtuel
Des souris, des écrans et des hommes (1). L'enfant avec les images
Des souris, des écrans et des hommes (1). Comment la psychanalyse vint à l'internet
Des souris, des écrans et des hommes (1). Que fait l'internet aux psychanalystes ?
Des souris, des écrans et des hommes (1). E-Groupes
Des souris, des écrans et des hommes (1). E-BAY, une relation virtuelle
Des souris, des écrans et des hommes (1). Simple gourmandise ou dépendance à internet ?
Des souris, des écrans et des hommes (1). Une relation d'objet virtuelle ?
Des souris, des écrans et des hommes (1). Bibliographie

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

Sauvons la clinique

ÉDITORIAUX

L'Internet et l'émergence des nouvelles formes de subjectivité

Rien ne sert d'invoquer Ésope pour décrire l'Internet comme la pire et la meilleure des choses. Ce tissu magique et concret, avec ses fils et ses noeuds, nous enveloppe tant que nous en ignorons les limites et les trous. Mieux vaut donc essayer de comprendre comment cet objet hypercomplexe est en train de générer de nouvelles formes de subjectivité et de nouveaux régimes de sociabilité.

Penser la réalité psychique que sollicite ou qu'impose l'usage d'Internet me confronte à une série de paradoxes. La présence absence de l'autre, l'intimité publique des blogs, la rencontre déconnexion unilatérale, l'aléatoire structuré par le réseau des interactions, la trace immatérielle de l'information, l'être ensemble séparé, tous ces oxymores sont une des formes mentales et affectives de la toile. Quels fantasmes les soutiennent ? Avec le Net, je fais l'expérience d'une autre consistance des liens avec les autres. Je pense ici au fameux ouvrage de D. Riesman, La Foule solitaire (1950), et à celui, plus récent, de Z. Bauman, L'Amour liquide (2000). Ces liens fluides, multiples, éphémères, imprévisibles, délocalisés, à temporalité réduite, sont aussi des liens décorporéisés. Les mouvements pulsionnels et les affects qu'ils déclenchent sont des événements que l'écriture seule ne peut signifier, même si des équivalents iconiques (les "émoticons") sont disponibles. Un lien se qualifie aussi par la sensorialité : voix, regard, toucher, odeur, saveur. Quelles formes de subjectivité se dessinent dans ces nouvelles figures de la rencontre dans lesquelles l'imaginaire est constamment sollicité ?

Avec la Toile, je pense et je connais différemment. Au couper-coller et à ses effets "pseudo", j'oppose la liberté de faire connaissance, de questionner sans restriction, de chercher mon chemin. Toutefois, la pensée exige une latence, un différé et une certaine constance, au contraire de l'incessante excitation du réseau. Une question pourrait être, comme dans les groupes : qui pense dans l'Internet et quels contenus de pensée y sont pensés ?


Les anciens numéros (Tout voir)

Questions à René Roussillon à l'occasion de la sortie du Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique générale par Sylvain Missonnier

Colloque Didier Anzieu 2eme partie

Colloque Didier Anzieu 1ere partie

Hommage à Edouard Zarifian ; La première fois

Batterie d'évaluation des fonctions neuro-psychomotrices de l'enfant ; Apoptose pubertaire ou chronique d'une mort annoncée

Camus, Sartre, Gary et les enfants surdoués ; Nouvelles addictions à l'épreuve de la clinique