Carnet/Psy n° 135 : Psychothérapies à l'adolescence

Paru le 2009-05-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Honte, culpabilité et traumatisme
Le monstre dans la vie psychique de l'enfant
L'amitié, Libres cahiers pour la psychanalyse n°19

À PROPOS DE

DOSSIERS

Psychothérapies à l'adolescence : Introduction
La psychothérapie psychanalytique d'adolescent existe-t-elle ?
Une consultation familiale à l'adolescence
L'adolescence est-elle une impasse symbolique ?
Le travail sur les liens et l'ouverture psychothérapeutique dans un hôpital de jour pour adolescents
Une équipe de psychodrame au Centre Etienne Marcel

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

ÉDITORIAUX

Le sujet en crise

La crise est partout. Économique, financière, immobilière et surtout sociale, ce que nous constatons aujourd'hui dans le discours et les préoccupations des patients et de leurs familles. Pourtant, si elle est collective la crise est aussi individuelle : crise identitaire à tout âge au fil des remaniements identificatoires et de l'environnement culturel.

Le modèle de la crise d'adolescence reste une référence : s'agit-il d'une crainte de l'avenir, d'un refus de grandir, ou d'une simple crise de maturation ? Mais désormais la crise du milieu de la vie occupe le devant de la scène, avec une tendance s'affirmant chaque jour d'avantage : le refus de vieillir, le souci de paraître jeune, l'obsession d'être jeune. Dans les deux sexes, tous les artifices sont utilisés (de la crème à la chirurgie, etc.) pour rester jeune, beau, dynamique, sportif et en bonne santé. L'obsession de garder « la ligne » va de pair avec la chasse aux rides. Cette crise, comme à l'adolescence, se redouble d'un redécoupage de la carte du tendre : c'est au masculin aussi bien qu'au féminin, l'heure du démon de midi. Ne s'agit-il pas plutôt d'un signe de la difficulté de nombre de nos contemporains d'accepter l'inéluctable évolution du temps et du corps ? Le sujet voudrait ralentir le temps, le figer, voire revenir en arrière dans un mouvement régressif évident. Fuite devant l'inconnu de l'avenir angoissant tant sur le plan individuel, que collectif, accentué par la crise économique actuelle. La frénésie de consommer est devenue la seule norme, fuite en avant maniaque accentuant ce déni. Mais ne s'agit-il pas aussi d'un refus d'accepter la limite de l'humain, de son horloge biologique et du chiffre mortel de la destinée, forme de déni de la castration ultime qu'est la mort ? Ainsi, un des bienfaits de la crise aura été de rappeler au sujet les coordonnées de sa castration et de montrer au collectif que le profit sans éthique montrait sa limite et entraînait la faillite du système.

Le temps est sans doute venu pour tenter de trouver sur le plan individuel comme collectif, une éthique du sujet. Celle-ci pourrait mettre en avant des valeurs humaines, afin que chaque sujet puisse trouver un sens, une direction, une signification à ce qu'est la vie permettant une meilleure adéquation avec sa logique inconsciente comme avec son désir.


Les anciens numéros (Tout voir)

Les mythes de la famille et du thérapeute familial

Entretien avec Alice Doumic-Girard

Dépression et Médicaments

Petite métapsychologie de l'écoute analytique

Dépression du bébé, dépression de l'adolescent (3è partie) - actes colloque BBADOS 2008

Dépression du bébé, dépression de l'adolescent (2è partie) - actes colloque BBADOS 2008