Carnet/Psy n° 147 : La sensorialité dans le transfert

Paru le 2010-10-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Illusions et désillusions du travail thérapeutique
L'effet-mère
Devenir parent, naître humain
L'ordinaire de la cruauté
Langues et courants sexuels
Vivre avec une maladie génétique
Bilinguisme et psychopathologie

À PROPOS DE

L'enfant, la psychanalyse et la psychothérapie

DOSSIERS

RECHERCHES

La sensorialité dans le transfert

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

Hommage à Conrad Stein

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

Onfray, suites

ÉDITORIAUX

Humanités, humanité

Polémiquer sans fin avec Michel Onfray est non seulement peine perdue, mais c’est aussi faire bien de l’honneur à quelqu’un qui n’a aucune légitimité à parler de ce dont il parle, puisque sa réflexion ne s’ancre en rien dans la clinique dont il ignore tout, à l’évidence, et que du strict point de vue psychanalytique, elle est l’exemple même du non-événement. Le danger est ailleurs, car Michel Onfray se veut l’apôtre d’une certaine liberté de penser, alors qu’il est en fait, lui-même, le symptôme d’un mouvement qui le déborde et qui le dépasse. Aussi intéressante et créative que soit l’université populaire qu’il a  fondée, il se trouve ici, en effet, instrumentalisé par le pouvoir médiatique et politique au profit d’un mouvement inquiétant qui vise, aujourd’hui, à mettre à mort, ni plus ni moins, les sciences humaines dans notre pays. La clinique est une science, rappelons-le sans relâche, et dans notre domaine, la clinique (psychopathologique) fait partie intégrante des sciences narratives, et donc des sciences humaines qui ne sont ni moins fondamentales, ni moins fondatrices que les sciences expérimentales.

Ce sont les sciences humaines qui ont fortement concouru à la renommée de l’université française, ces sciences humaines, ces humanités, qui ne trouveront, c’est à craindre, aucune place décente dans les nouveaux formats de recherche qu’on veut nous imposer dans tous les domaines, au nom d’une supposée excellence seulement fondée sur des critères purement quantitatifs d’évaluation, et sur des contrats d’objectifs à court ou moyen terme ! A cette aune-là, comment aurait pu être évalué un poème de Rimbaud, et quel contrat d’objectif aurait pu être exigé, par exemple, de la phénoménologie ? Alors soyons clair : la mort programmée des humanités, à l’université, aura pour corollaire obligé la disparition progressive de toute humanité, sur le plan politique, et la machine infernale est d’ores et déjà en route, comme on peut, hélas, le constater avec la gestion du dossier des Roms ! Pour une fois, le pire est presque certain, même s’il n’est peut-être pas encore tout à fait trop tard …


Les anciens numéros (Tout voir)

Mort et travail de pensée

Entretien avec Jacques André

L'image et la pensée

Le sexuel chez le bébé

Les médiations thérapeutiques (2è partie)

Les médiations thérapeutiques (1ère partie)