Carnet/Psy n° 158 : Le Handicap, un nouveau paradigme ? (partie 1)

Paru le 2011-12-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

L'attachement, un instinct oublié
La folie en partage
L'accession de l'enfant à la connaissance
Nosograpie

À PROPOS DE

Judith Scott, objets secrets

DOSSIERS

Le handicap : un nouveau paradigme ?
La notion de handicap : paradigme des droits de la personne
Situation de handicap et normes sociales
Brèves réflexions sur anthropologie et psychanalyse dans le domaine du handicap
Le handicap psychique, une réalité pluridimensionnelle irréductible à la maladie mentale
Les langues silencieuses : comment les traduire ?
Comment la vie institutionnelle peut améliorer l'image de soi des jeunes handicapés mentaux
Les enfants handicapés sont-ils des enfants "comme" les autres ?
Sexualité, handicap mental et société
De quoi le handicap est-il trace ? La handicap comme attracteur de subjectivité
Quand la technique vient pallier les défaillances du vivant

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

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ÉDITORIAUX

Du sang et des larmes

Voyez le succès constant des faits divers dramatiques, pourvu que le cocktail violence, sexe et sang soit bien dosé. Regardez les chiffres de vente des journaux, magazines et livres qui les offrent en pâture aux lecteurs. Écoutez ce qui anime le plus les conversations. Considérez le nombre de professionnels qui s’occupent de prévenir, soigner, sanctionner, juger, éduquer et réinsérer celles et ceux qui en sont les acteurs. Le public est toujours aussi important en nombre au rendez-vous de l’horreur. À chaque fois, le scénario est identique : la
simplification abusive de ce qui peut générer les faits criminels ; la réaction immédiate et l’émotion remplaçant la réflexion ; la recherche d’un responsable ; et l’adoption de « mesures » ou, mieux encore, d’un nouveau texte de loi qui garantiront le « plus jamais ça »…jusqu’au prochain épisode. Il ne sera pas dit que rien n’a été fait ! Pour les spectateurs fascinés autant qu’horrifiés, il importerait d’identifier chez l’autre ce qui les inquiéterait et les troublerait le plus, de tenter de se rapprocher des émotions que peuvent éprouver aussi bien la victime que son agresseur : le « happy slapping » en est un exemple chez les adolescents qui cherchent à déceler la peur chez la victime d’une agression filmée par téléphone portable, phénomène proche de la une de certains journaux télévisés ou papier, comme seule manière de rendre compte des sentiments extrêmes, de l’effroi et de la haine ?

Heureusement, il y a encore les fictions fort prisées de tous temps (pièces de théâtre, romans policiers, films) qui s’appuient sur ces ressorts : ne sont-elles pas souvent en deçà de la réalité -quoique- ? Ne sont-elles pas plus aptes à donner accès au fonds sadique, violent et haineux de chacun sans omettre, sauf à supprimer tout suspense, de rendre compte de la subtilité et de la complexité de l’âme
humaine autant que de sa sauvagerie.
Ne favorisent-elles pas la possibilité de composer d'autant plus avec cette complexité que ce n’est pas « pour de vrai » ?


Les anciens numéros (Tout voir)

De l'empathie et de l'intersubjectivité primaires à l'empathie et à l'intersubjectivité secondaires

Les enjeux cliniques de la précarité

Autour du traumatisme

Existe-t-il une psychologie de la mort ?

Aux origines du narcissisme/Place et statut du secret dans l'oeuvre de Freud

Winnicott et la création humaine (partie 3)